Le port anversois paralysé par la grève

L’action de protestation de 24 heures menée en front commun syndical paralyse depuis dimanche soir le port d’Anvers, mais aussi les installations portuaires de Gand (Flandre orientale) et de Zeebrugge (Flandre occidentale) et des écluses. Le CEO Eddy Bruyninckx craint pour l’image du port anversois. Le syndicat socialiste ABVV relativise l’impact de la grève pour les armateurs.

Ce lundi matin, quelque 26 navires attendaient à Anvers de pouvoir quitter le port, et une quinzaine d’autres ne pouvaient y entrer en raison des piquets de grève.

Les syndicats ont bloqué l’accès à toute la zone portuaire. Ils surveillent également les voies d’accès et les terminaux, empêchant quiconque d’aller travailler. Il semblerait que les syndicats veuillent partiellement mesurer le succès de leur action à la paralysie au port anversois.

En matinée, l’ambiance était bon enfant au port. Après les débordements à la manifestation du 6 novembre à Bruxelles, dus partiellement à des dockers en état d’ébriété, les syndicats ont demandé à leurs militants de ne pas consommer d’alcool ce lundi.

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"L’image du port d’Anvers est en danger"

Interrogé dans l’émission "De Ochtend" de la VRT (Radio 1) ce lundi matin, le CEO du port anversois Eddy Bruyninckx a estimé que les actions de grève pourraient porter atteinte à l’image de l’entreprise.

"Le port anversois possède une excellente réputation sur le plan de la fiabilité auprès de ses usagers. Le travail fourni par les dockers est productif. Mais si les conflits sont étalés sur la place publique, cela va nuire à l’image du port", estime Bruyninckx (photo).

Le patron de l’entreprise portuaire regrette que l’action syndicale ait pris une tournure particulière en faisant référence à la politique portuaire européenne. L’Europe souhaite que la Belgique modifie sa législation qui stipule que certaines tâches ne peuvent être effectuées que par des dockers. Bruyninckx souligne que ce n’est pas la direction du port qui souhaite l’adoption de la loi Major, qui règle le statut des travailleurs portuaire.

"On nous a donné un peu de temps pour effectuer des changements et j’espère qu’ils pourront être faits. Ces changements n’ont rien à voir avec le pouvoir d’achat ou le statut de travail des dockers. Ils concernent des formes concrètes d’organisation du port".

Le syndicat socialiste ABVV estime pour sa part que la bonne réputation du port anversois ne sera pas souillée par l’action de grève de ce lundi. "Dans tous les pays il y a parfois des grèves. A l’issue de cette grève, nous reprendrons le travail au même rythme acharné que les jours précédents. Les armateurs ne le quitteront pas à cause d’un jour de grève", estimait Marc Loridan de l’ABVV.

Nicolas Maeterlinck