Retirer la nationalité belge aux djihadistes

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) voudrait que la Belgique participe à l’élaboration d’une liste internationale reprenant les noms des djihadistes partis combattre en Irak et en Syrie. Dans certains cas, leur nationalité pourrait leur être retirée.

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) a passé son audition mardi devant la commission de l’Intérieur de la Chambre. Il y a présenté sa note de politique générale. La lutte contre le radicalisme et le "djihadisme violent" constitue une des priorités du ministre.

"Avec mon collègue de la Justice,(Koen Geens) nous allons établir une liste internationale de terroristes. Les noms des djihadistes et de leurs recruteurs seront enregistrés ainsi que leurs déplacements à l’étranger" a-t-il déclaré.
Mais ce n’est pas tout, Jan Jambon veut aussi que les djihadistes puissent être chassé de notre pays. "Des personnes qui ont combattu en Syrie ou ailleurs et qui ont des liens avec une organisation terroriste comme l’EI, devraient perdre leur nationalité belge, du moins si ces personnes possèdent une double nationalité. De telles mesures sont déjà d’application dans les pays voisins, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne".

Dans sa déclaration de politique générale, le ministre de l’Intérieur a présenté encore toute une série d’autres mesures. Une d’entre elles est le screening.

La loi sur les mercenaires datant de 1979 sera modifiée et adaptée pour pouvoir réprimer efficacement ceux qui ont combattu en Syrie et reviennent en Belgique. Les sites internet qui incitent à la haine pourront être combattus par une nouvelle loi. Enfin des projets existent aussi pour la déradicalisation des jeunes djihadistes.

 

Réunions bilatérales avec les syndicats de policiers sur les pensions

Des contacts bilatéraux auront lieu mercredi et jeudi avec les syndicats de policiers à propos du problème des retraites, a aussi indiqué mardi le ministre de l'Intérieur.

La semaine passée, les syndicats ont claqué la porte de la réunion du groupe de travail constitué pour trouver une solution dans ce dossier.

Selon le ministre, les discussions se heurtent à deux façons différentes d'aborder le problème. Le dossier à l'examen porte sur la réponse qu'il faut apporter à un arrêt de la Cour constitutionnelle qui a mis à mal le régime préférentiel de retraite dont bénéficiaient certains agents.

Les syndicats voudraient de leur côté aboutir à un règlement définitif du régime de retraite des policiers. Or ce point s'inscrit dans le projet plus vaste de réforme des pensions que le gouvernement fédéral a initié.

Le ministre a fait remarquer par ailleurs que le gouvernement comptait pour la première fois un ministre en charge de la sécurité, signe de l'importance que la nouvelle majorité accorde à cette matière.

L'opposition n'a pas manqué de lui répondre que le budget de la police fédérale reculait de 177 millions d'euros et que les zones de police devraient également vivre avec des moyens réduits.

Les socialistes et les écologistes ont également dénoncé la volonté du gouvernement de privatiser certaines tâches. Le ministre les a exhortés à ne pas considérer le projet de manière idéologique.

"Personne ne dit que l'on va tout privatiser", a-t-il souligné. Le gouvernement examinera la façon d'optimaliser certains coûts et les limites de la privatisation seront fixées avec la police, le secteur privé et d'autres acteurs. La mesure sera mise en oeuvre en respectant la protection de la vie privée et en accordant une attention suffisante au contrôle.