"La dette risque d’entraîner une privatisation de la SNCB"

L’administrateur délégué des chemins de fer belges, Jo Cornu (photo principale), craint que la SNCB ne doive être privatisée si ses dettes ne sont pas jugulées. Il l’a écrit dans un long courrier de 5 pages adressé aux représentants syndicaux, auxquels il demande de reprendre la concertation sociale. Cornu a précisé sa position par rapport à la situation de l’entreprise ferroviaire et les défis qu’elle doit relever.

"Depuis 2005, la SNCB enregistre chaque année un déficit à hauteur de 200 à 250 millions d’euros. Si la situation se poursuivait pendant 5 années encore, la dette atteindra alors un total de 4 milliards d’euros. Ceci semble n’inquiéter pratiquement personne, alors que la situation de la SNCB est tout simplement intenable", écrit Jo Cornu aux représentants syndicaux belges. Les quotidiens financiers De Tijd et L’Echo ont pu consulter cette lettre.

Cette situation inquiétante est encore assombrie par une gigantesque opération d’assainissement. La SNCB doit en effet épargner 663 millions d’euros au cours de cette législature. Jo Cornu estime qu’il faut réagir d’urgence. "Si la SNCB continue à rouler sur la voie actuelle, inefficace, elle risque tout bonnement la privatisation", estime son CEO.

Il trouve aussi qu'il faut revoir le contrat de gestion qui "offre peu de flexibilité à l'entreprise pour exécuter son service et prendre les décisions nécessaires pour redresser la situation". Quant au statut du personnel, Cornu affirme qu'il ne le dérange pas, mais vise plutôt les règles qui y sont associées et celles imposées par le contrat de gestion. Elles créent, d'après lui, des surcoûts et limitent la flexibilité dans la gestion.

Fin juin 2014, HR Rail - la société qui assure le secrétariat social du groupe SNCB - a réalisé une perte nette de près de deux millions d'euros.

Jo Cornu lance donc un appel aux syndicats pour reprendre la concertation sociale au sein de l’entreprise ferroviaire. A l’ouverture du cabinet de ministres restreint, ce jeudi, le ministre de l’Emploi, Kris Peeters (CD&V), a appelé au calme. "Ne semons pas la panique. Restons calmes et prenons les mesures nécessaires avec sérénité".