La Flandre pleure le chanteur Luc De Vos

L’artiste gantois, chanteur du groupe de rock flamand Gorki, est décédé samedi à l’âge de 52 ans dans l’appartement où il travaillait. L'autopsie a révélé ce dimanche soir qu'une insuffisance aigüe d'organe est à l'origine du décès. Le parquet exclu les pistes du suicide ou d'une mort provoquée avec violence. La chanson la plus connue de Luc De Vos restera "Mia", reprise plusieurs fois parmi les "100 chansons intemporelles" de la chaîne de radio Studio Brussel (VRT). Un registre de condoléances a été ouvert à Gand.
BELGA/MAETERLINCK

Le corps sans vie de Luc De Vos a été retrouvé samedi dans un appartement situé non loin de son habitation à Gand (Flandre orientale). D’après son manager, le chanteur de 52 ans utilisait cet appartement comme lieu de travail. Le parquet a indiqué qu’aucune trace de violence extérieure n’a été retrouvée sur le corps de l’artiste gantois.

Une autopsie et une enquête ouverte par le parquet devaient révéler les circonstances et les causes du décès du chanteur de rock. En début de soirée, le parquet annonçait que la mort du chanteur a été provoquée par une défaillance aigüe d'organe. Il a exclu la piste d'un suicide et celle d'une mort provoquée avec violence.

Luc De Vos était né en 1962 à Wippelgem, comme dernier d’une famille de 7 enfants. Depuis l’âge de 10 ans, il voulait devenir musicien pop. En 1990, son groupe Gorki terminait troisième du Rock Rally organisé par le magazine Humo. Ce groupe flamand, dont Luc était le chanteur, produira par la suite onze albums et plusieurs grands succès en Flandre, comme "Mia" et "Anja".

"Mia", un classique intemporel

Cette chanson a obtenu le statut de morceau-culte après avoir été choisie trois fois d’affilée comme numéro 1 dans "De Tijdloze 100", les 100 mélodies intemporelles de la chaîne de radio Studio Brussel (VRT). Cette mélodie remporta par la suite encore une série de classements. C’est d’ailleurs son nom que porte les prix musicaux flamands MIA’s.

Dans l’émission "De laatste show" (VRT), Luc De Vos raconta un jour qu’il avait composé "Mia" - son "cri du cœur" - dans sa chambre en 1988 ou 1989. "Je vivais encore chez ma mère à l’époque, et je n’avais encore jamais eu une amoureuse. J’étais aussi au chômage à l’époque et ne savais comment m’en sortir", racontait De Vos.

Ecrivain et éditorialiste

Luc De Vos était non seulement l’un des chanteurs flamands les plus connus et prometteurs, mais aussi un écrivain et un éditorialiste. Il rédigeait des billets pour la chaîne de radio Studio Brussel et pour le magazine gantois Zone 09.

Il était aussi l’auteur de plusieurs livres, comme "De verworpenen", "Het woord bij De daad", "De rest is geschiedenis", "De volksmacht" et le roman "De laatste mammoet".

Luc De Vos était marié et avait un fils de 13 ans.

Hommage au chanteur "rebelle"

Le monde musical flamand et les collègues de Luc De Vos pleurent la disparition soudaine du chanteur gantois. "J’ai encore vu Luc il y a quelques semaines et il était joyeux comme d’habitude. Quel choc de devoir apprendre maintenant son décès", s’exclamait Stijn Meuris (photo) qui, avec le groupe Noordkaap, a participé en 1990 au même Rock Rally que De Vos.

"Le petit ours de Wippelgem n’est plus", déclarait pour sa part Jean Blaute. "Nous perdons un artiste fantastique, original et rare. Je ne comprends pas la nouvelle de son décès". Le chanteur Bart Peeters, qui donnait un concert samedi soir, l’a débuté en interprétant "Mia" en hommage à son collègue décédé.

A la demande de très nombreux auditeurs, qui ont encore voulu modifier leur vote, la chaîne de radio Studio Brussel (VRT) a placé "Mia" en première place d’honneur de sa nouvelle édition des "100 mélodies intemporelles". Toutes les chaînes radio et TV de la VRT rendaient d’ailleurs hommage à Luc De Vos dans leurs programmes de ce week-end.

Le monde politique a également salué le grand artiste qu’était le chanteur, compositeur, écrivain et éditorialiste gantois. Le ministre-président Geert Bourgeois l’a qualifié d’"icône de la musique pop de Flandre. Même ses chansons moins connues sont d’une rare qualité, sur le plan musical et du texte".

Le ministre flamand de la Culture, Sven Gatz (photo), estime que "Luc De Vos a marqué de façon indélébile la scène musicale néerlandophone depuis les années 1990. Il a composé des textes simples, reconnaissables et profonds, qui touchaient tant les jeunes que les moins jeunes en Flandre. Il était un rebelle avec un franc parler et un esprit pointu".

Le bourgmestre gantois Daniël Termont a exprimé ses condoléances à l’épouse et au fils de Luc De Vos, rappelant qu’il a apporté beaucoup à la musique et la culture de la ville qu’il portait dans son cœur". Un registre de condoléances a d’ailleurs été ouvert à l’hôtel de ville de Gand.

Jonas Roosens