Grève tournante à Bruxelles et dans les Brabants

La troisième journée de grève organisée ce lundi en front commun syndical contre les mesures d’économies des gouvernements fédéral et régionaux paralyse avant tout la circulation des trains et des transports en commun à Bruxelles et dans les Brabants flamand et wallon, mais aussi l’aéroport de Zaventem. Par contre, il y avait peu de circulation sur les routes, où certains barrages filtrants entravaient l’entrée dans la capitale. Alors que le patronat condamne l'action de grève, en raison de ses conséquences économiques, la CGSP a déposé un préavis de grève à durée illimitée qui prend cours le 16 décembre.

Après les grèves tournantes des lundi 24 novembre et 1er décembre dans les provinces d’Anvers, du Limbourg, des Flandres orientale et occidentale, du Hainaut, du Luxembourg, de Liège et Namur, ce sont les provinces des Brabants flamand et wallon et la Région de Bruxelles-Capitale qui étaient touchées ce lundi par l’action de protestation organisée en front commun syndical.

La circulation des trains à Bruxelles et dans les deux provinces concernées était totalement paralysée depuis dimanche vers 22h. "Ce lundi matin, le trafic ferroviaire depuis et vers la capitale est pratiquement à l’arrêt. A Bruxelles-Midi, aucun train n’est annoncé. Même situation en Brabant flamand : depuis Louvain, Aarschot, Tirlemont mais aussi Vilvorde et Hal, il sera très difficile de se déplacer en train", indiquait lundi matin Bart Crols de la SNCB.

"Dans le reste du pays, les trains vont circuler, mais les voyageurs doivent tenir compte de retards et de l’annulation de certaines correspondances". Dans les gares d'Ottignies, d'Enghien ou encore de Braine-le-Comte (Brabant wallon), les trains étaient arrêtés depuis dimanche soir. Et aucun convoi ne circulait entre Anvers et Malines lundi matin. Plus aucun train ne roulait entre Namur et Bruxelles, ni entre Liège et la capitale. Sur la ligne Charleroi-Bruxelles, les trains s'arrêtent à Braine-l'Alleud.

Les trains internationaux Thalys et Eurostar étaient également supprimés ce lundi en Belgique.

Transports en commun perturbés

L'action de grève qui touche le Brabant flamand a provoqué d'importantes perturbations sur la circulation des bus De Lijn dans la province. Brussels Airport n'était pas desservi par la société de transports en commun.

Dans la région de Louvain et du Hageland, les perturbations étaient très importantes avec seulement deux lignes en service: 630 (Haasrode, Brabanthal-Station Wijgmaal) et 35 (Aarschot-Rillaar-Scherpenheuvel-Diest). Dans un des dépôts de la société, situé à Louvain, les pneus d'une quinzaine de bus avaient été dégonflés pendant la nuit de dimanche à lundi. De Lijn espèrait pouvoir remettre tous ses bus endommagés en état pour mardi matin.

Presqu’aucun bus ne roulait dans le sud de la province (Pajottenland et la région autour d'Overijse). Les bus De Lijn se faisaient également très rares en périphérie bruxelloise.

Toujours selon la police de Louvain, des piquets de grève avaient été installés vers 6h00 en différents endroits de la cité universitaire, notamment à la prison, à la poste, à la société De Lijn, à la banque KBC et chez Terumo.

En Brabant wallon, les bus des TEC circulaient peu, tandis qu’à Bruxelles les métros, trams et bus de la STIB étaient également pour la plupart à l’arrêt.

© Clément Philippe - www.belgaimage.be

Calme sur les routes

L’avertissement lancé par la police, qui conseillait à tous les navetteurs d’éviter si possible de se rendre à Bruxelles en voiture ce lundi, semblait avoir été entendu. La circulation était en effet nettement moins dense que d’habitude à l’heure de pointe matinale sur les grands axes routiers. Il semblerait que beaucoup de navetteurs aient tout simplement décidé de travailler depuis leur domicile ou de prendre un jour de congé.

Plusieurs blocages par les syndicats perturbaient par contre la circulation à Bruxelles, plus précisément à Delta, à Herrmann-Debroux et Chaussée de Louvain à hauteur du garage Mercedes. Des barrages filtrants avaient été mis en place devant le zoning industriel de Font Saint-Landry à Neder-Over-Heembeek, à la sortie pour aller vers le magasin Cora à Woluwe-Saint-Lambert, à la sortie 17 du ring pour aller vers le boulevard Industriel et à la sortie pour le Colruyt à Hal. Les cheminots avaient installé un barrage filtrant uniquement pour les bus rue de France à Anderlecht.

La porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles signalait aussi divers piquets de grèves sans entraves à la circulation, notamment au Delhaize Arbre Ballon à Jette, devant la banque ING à Trône, au Basilix Shopping Center à Berchem-Sainte-Agathe, à l'Université Libre de Bruxelles, au Parlement européen, devant la Commission européenne et devant Sibelga.

L’aéroport de Zaventem paralysé

Le service de bagages à Brussels Airport était largement perturbé ce lundi matin par l'action de grève. Quelque 80% du personnel des sociétés de manutention de l'aéroport étaient en grève, selon Olivier Van Camp, secrétaire régional SETCa. Une porte-parole de l'aéroport a confirmé que les bagagistes opéraient en effectifs réduits et conseillait aux passagers lundi de se limiter dans la mesure du possible à un bagage à main.

Près de la moitié des vols passagers étaient annulés lundi au départ de Zaventem. La compagnie aérienne Jetairfly a organisé pour ses voyageurs des vols au départ d'autres aéroports: Charleroi, Liège, Ostende et Amsterdam/Schiphol pour les long-courriers. Les passagers ont été transférés en bus vers ces aéroports. Les 14 vols depuis Bruxelles ont été replanifiés et rassemblés en dix vols. Cela concerne 4.000 passagers, en partance et revenant au pays, a précisé la compagnie dans un communiqué.

L’accès à Brucargo, la zone pour le transport de marchandises à Brussels Airport, était bloquée par des piquets de grève.

On signalait aussi des actions de protestations ou piquets de grève dans certaines écoles, certains hôpitaux ou des agences bancaires dans les provinces concernées par les grèves tournantes.

D'autres actions de grève envisagées

La CGSP - la Centrale générale des syndicats de tendance socialiste des services publics -  a déposé un préavis de grève qui prend cours à partir du mardi 16 décembre pour une durée illimitée. Ce préavis concerne l'ensemble de la fonction publique et les entreprises publiques autonomes.

La CSGP entend marquer son opposition aux "mesures gouvernementales envisagées pour l'ensemble de la fonction publique et des entreprises publiques autonomes", mesures qualifiées par le syndicat d'"attaques". Il s'agit notamment de mesures relatives à la pension ou au non-remplacement de fonctionnaires partant à la retraite. Selon le responsable syndical Michel Meyer, ce préavis a été déposé de manière préventive en vue d'actions qui seront probablement menées durant les prochaines semaines.

Le préavis de grève n'a été déposé que par la seule CGSP. De son côté, la FGTB a laissé entendre dimanche par le biais de son président Rudy De Leeuw que de nouvelles actions pourraient être organisées dès janvier, "si le gouvernement met les syndicats devant le fait accompli".