Monseigneur Léonard voudrait prendre sa pension rapidement

Dans une interview accordée à l’émission "Telefacts" de la chaîne de télévision privée VTM (qui sera diffusée ce jeudi soir), l’archevêque de Malines-Bruxelles a indiqué qu’il souhaiterait prendre sa pension aussi rapidement que possible. André-Joseph Léonard aura 75 ans en mai 2015 et préfèrerait ne pas devoir attendre longtemps son successeur. Il l’a écrit dans une lettre qu’il enverra au pape François en mai prochain. L’évêque d’Anvers Johan Bonny est cité comme l’un de ses successeurs possibles.

D’après le droit canon, Monseigneur Léonard (photo) devra présenter sa démission comme archevêque de Malines-Bruxelles au pape le 6 mai 2015, date à laquelle il atteindra l’âge de 75 ans. En général, le Vatican demande alors au démissionnaire de rester en fonction aussi longtemps qu’un successeur n’a pas été désigné. Pour le cardinal Godfried Danneels, prédécesseur d’André-Joseph Léonard, cela avait duré presque 2 ans.

Monseigneur Léonard souhaiterait néanmoins ne pas devoir attendre aussi longtemps. Il l’a écrit dans une lettre qu’il enverra en mai prochain au pape François, explique-t-il aux réalisateurs de l’émission "Telefacts" (VTM) qui sera diffusée ce jeudi soir. Il restera cependant "neutre" face à la réponse du Saint Père.

"Se faire honneur à lui-même"

Le porte-parole de l’archevêque, Jeroen Moens, nuance cependant. "Pour Monseigneur Léonard, la réponse du pape ne changera pas grand-chose. Il affirme que s’il doit quitter sa fonction immédiatement, il l’acceptera, mais si le pape lui demandait de rester plus longtemps, il l’acceptera". D’après Moens, André-Joseph Léonard serait prêt à assumer sa fonction au-delà de son 75e anniversaire si sa santé le permet. "Il s’adaptera à ce que le pape lui demande".

D’après Rik Torfs, professeur de Droit canon et recteur de l’Université Catholique de Louvain, la demande de Mgr Léonard serait néanmoins assez inhabituelle. "Normalement, l’archevêque laisse le pape décider de son avenir. Il se pourrait que Léonard craigne un peu que le pape accepte immédiatement sa démission et qu’il soit donc assez intelligent pour se faire honneur à lui-même. Car le pape François pense un peu différemment de notre archevêque et pourrait vouloir chercher un évêque qui partage davantage ses convictions".

André-Joseph Léonard aurait déjà demandé à ses collaborateurs de lui chercher un nouveau lieu de résidence. Sa préférence irait à un lieu de pèlerinage, où il pourrait travailler comme prêtre. Il ne souhaiterait pas rester dans l’archevêché de Malines-Bruxelles.

Il n’est cependant pas étonnant que l’archevêque fasse pareil choix. Très conservateur, Léonard était un ami personnel du pape Benoît XVI et n’est pas vraiment sur la même longueur d’ondes que le pape François, plus progressiste. Ce dernier aurait une préférence par l’évêque d’Anvers, Johan Bonny (photo). L’évêque liégeois Jean-Pierre Delville, en tant qu’outsider, pourrait aussi succéder à Léonard.

"J’ai beaucoup apprécié l’engagement de Fabiola pour le pays"

Il y a quelques jours, Monseigneur Léonard réagissait au décès de la reine Fabiola (photo). "Comme tant de Belges, j'ai beaucoup apprécié l'engagement de la reine Fabiola pour la Belgique. En tant que personnalité publique, la Reine a toujours su faire la différence entre ses ferventes convictions religieuses personnelles et le fait qu'elle était la reine de tous les Belges".

L'archevêque de Malines-Bruxelles ajoute qu'il n'a pour l'instant reçu aucune information officielle sur les funérailles qui se dérouleront vendredi, mais il a prévu que son prédécesseur, le cardinal Danneels, célèbre l'Eucharistie. "Le cardinal Danneels a en effet mieux et plus longtemps connu la reine Fabiola que moi. Il est donc normal et juste que ce soit lui qui préside la cérémonie et que je la concélèbre avec les autres évêques. Je ne connaissais pas personnellement la Reine et ne lui ai jamais parlé qu'à peine quelques minutes", souligne Mgr Léonard.

L’archevêque se souvient de la reine Fabiola comme d'une personne qui s'est entièrement consacrée à la Belgique. "Elle a quitté son pays pour se marier avec le roi Baudouin et donc avec la Belgique. Elle a toujours soutenu le roi avec discrétion, et il s'est réellement épanoui après leur mariage." Selon Léonard, Fabiola était "une croyante fervente, un peu à l'espagnole, avec un grand cœur pour les gens et pour Dieu. Elle a aussi joué un rôle particulièrement admirable dans les domaines de l'art et de la musique, comme dans le cadre de son engagement pour le concours Reine Elisabeth".