Belkacem: "Est-ce un crime de promouvoir sa religion?"

Le procès pour terrorisme à charge du groupuscule islamiste Sharia4Belgium a repris mercredi devant le tribunal correctionnel d’Anvers toujours entouré de strictes mesures de sécurité. "Notre croyance n’est pas une croyance terroriste. Est-ce un crime de promouvoir sa religion ?", a déclaré Fouad Belkacem. L’ancien leader de Sharia4Belgium a été entendu en cette huitième journée à l’issue de laquelle le tribunal a mis le procès en délibéré. Il rendra son jugement le 14 janvier prochain.

Quarante-six prévenus sont poursuivis pour avoir dirigé ou pris part aux activités d’un groupe terroriste. Le ministère public a requis jusqu’à 15 ans de prison, soit la peine maximale, à l’encontre de certains membres du groupe, dont Fouad Belkacem. Seuls neuf prévenus comparaissent.

Les avocats de Fouad Belkacem ont pu répliquer une dernière fois au ministère public ainsi qu’aux parties civiles. Les prévenus ont ensuite encore une fois pu prendre la parole.

"Dois-je subir un lynchage?", a demandé l’ancien leader de Sharia4Belgium. "Les gens peuvent penser ce qu’ils veulent de moi, mais je ne suis pas un terroriste", a-t-il ajouté. L’homme a nié être un salafiste ou un djihadiste et se qualifie plutôt de "musulman orthodoxe". Il dit également regretter le départ de jeunes musulmans vers la Syrie et lui-même a nié les y avoir incités.

De leur côté, ses avocats ont une nouvelle fois demandé l’acquittement de leur client ou que le tribunal se déclare à tout le moins incompétent. La défense estime que cette affaire a été guidée par la peur de la population à l’égard de l’islam, du radicalisme, du djihad et de la crainte à l’égard de Sharia4Belgium et de Fouad Belkacem.

"Ce serait bien si vous pouviez parler avec mon client pendant une petite heure afin de voir qui il est", a suggéré Me John Maes. Fouad Belkacem a seulement voulu, selon son avocat, dénoncer à sa manière l’intolérance de notre société. Il a porté son message dans lequel il exalte l’islam de façon provocante et est devenu ainsi le poil à gratter de notre société, estime son conseil.

L’avocat a appelé le tribunal à examiner le dossier loin de toute émotion et conformément à la loi et puis à rendre son jugement en toute indépendance.

Me Maes a également demandé au tribunal de considérer avec prudence les déclarations de Jejoen Bontinck. "Il est parti dix mois après avoir été exclu de Sharia4Belgium. Il a déclaré lors d’une audition qu’il n’avait pas envie d’aller travailler et de payer des impôts. La Syrie était donc ‘the place to be’ et malgré cela il s’est constitué partie civile parce qu’il aurait subi un lavage de cerveau. "

Jejoen Bontinck était absent pour la première fois au procès. Me Walter Damen qui défend les intérêts de Houssien E - qui est probablement décédé - entendait lui poser une série de questions et craint que c’est pour cette raison qu’il était absent.