Reynders pour un nouvel équilibre avec la Russie

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders a rencontré mardi son homologue russe, Sergueï Lavrov, à Moscou. Lors de leur entretien, les responsables ont abordé l'évolution des relations entre les deux pays, sur fond de sanctions économiques, de crise ukrainienne, de droits de l'homme en Russie ainsi que de crise au Moyen Orient. M. Lavrov a notamment rappelé l'importance des relations économiques belgo-russes malgré le régime des sanctions, tandis que M. Reynders a appelé "à trouver un nouvel équilibre" dans les relations avec la Russie.

M. Lavrov a marqué son soutien au programme de la Belgique à l'occasion de la présidence tournante du Conseil de l'Europe, et plus particulièrement aux volets de la lutte contre l'extrémisme et le racisme, tout comme la défense des minorités. Le chef de la diplomatie russe a appelé la plus vieille instance européenne à oeuvrer au respect des droits de l'homme dans l'Est de l'Ukraine.

La Belgique et la Russie ont fait part de leur volonté commune de voir le cessez-le-feu respecté dans les régions sous tension en Ukraine. "L'OSCE doit veiller à sa mise en place", a estimé M. Reynders. Le ministre a ajouté que "le travail sur la protection des droits de l'homme se faisait sur tout le territoire ukrainien". Il a également insisté sur la nécessité d'entreprendre des réformes en Ukraine, notamment au niveau de la décentralisation du pouvoir.

"Nous espérons que les responsables qui négocient en ce moment sauront assurer un véritable cessez-le-feu", a par ailleurs ajouté M. Lavrov, alors que les négociations dans l'Est de l'Ukraine se déroulent ce mardi.

"Le but n'est pas d'isoler la Russie"

M. Lavrov et M. Reynders se sont également entretenus sur les relations économiques entre les deux pays. "Les compagnies russes et belges coopèrent activement ensemble", a pointé le chef de la diplomatie russe. "Sur les neuf premiers mois de l'année, les échanges économiques se sont chiffrés à 10 milliards de dollars, soit une croissance de 16% par rapport à l'an dernier."

"Le but n'est pas d'isoler la Russie, mais de trouver un nouvel équilibre", a indiqué M. Reynders. Les entreprises belges souhaitent poursuivre leurs activités avec leurs partenaires russes dans tous les domaines non touchés par les sanctions, a-t-il poursuivi. Il a également reconnu l'influence des sanctions sur les activités économiques, "tout comme l'impact de l'évolution du prix du pétrole et du taux de change."

"Il est dommage que les responsables européens estiment que les sanctions pourront entraîner des changements significatifs à la situation ukrainienne et qu'ils ignorent ainsi ce que la Russie a fait pour l'Ukraine, financièrement et politiquement", selon M. Lavrov qui a souligné l'effort commun mené par la Russie et l'Ukraine à Minsk. "Les accords ont été menés à l'initiative commune de Poroshenko et de Poutine. Pourtant, la dernière vague de sanctions économiques, en septembre, a été annoncée au lendemain de leur signature. C'est du non-sens", a fustigé le ministre russe.

"J'espère que les dialogues que nous ouvrons régulièrement permettront d'avancer sur les thèmes abordés de façon récurrente, notamment dans le dossier ukrainien", a conclu, pour sa part, le ministre des Affaires étrangères.