Vandeput boucle 8 ans de mission belge au Liban

Le ministre belge de la Défense, Steven Vandeput, s'est rendu mardi au Liban pour mettre fin à huit ans de mission du contingent de Casques bleus belges dans ce pays, menée sous l'égide de l'ONU et qui a permis de neutraliser 14.572 mines et engins explosifs mais au prix de quatre morts. La Belgique participait à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) depuis août 2006, après son renforcement à la suite du conflit qui a opposé le mouvement chiite libanais Hezbollah à Israël.

Le contingent belge, qui comptait initialement quelque 370 personnes dotées d'un armement relativement lourd, avait été graduellement réduit à une centaine de militaires, après notamment la fermeture en février 2009 de l'hôpital militaire déployé au début de l'opération et qui servait à la fois à soigner les Casques bleus et la population libanaise.

Les Casques bleus belges, basés à At Tiri, dans le sud du pays, après un déménagement de Tebnine, plus au nord, se concentraient depuis la mi-2009 sur le - fastidieux - déminage sur la "Blue Line", la "ligne bleue" de démarcation entre Israël et le Liban fixée en 2000 par une résolution du Conseil de sécurité mais que l'Etat hébreu avait auparavant minée pour assurer sa sécurité.

Depuis leur arrivée au pays du Cèdre, les démineurs belges ont "nettoyé" une zone de 1,77 million de m2 et neutralisé 14.572 mines et engins explosifs, en collaboration avec l'armée luxembourgeoise - d'où le nom de BELUFIL donné à cette opération. Ce qui représente 40% de l'effort global de la Finul. Au total, 3,7 kilomètres de route ont été sécurisés et les abords de 29 "Blue Points" déminés et sécurisés.

Grand déménagement en perspective

Les casques bleus belges ont mis fin à leur mission le 15 novembre à la suite d'une simple phrase contenue dans l'accord de gouvernement de l'équipe Michel 1er qui prévoit un retrait "cette année" encore du contingent belge du Liban. Les militaires considéraient cette mission comme "accomplie", selon l'expression utilisée par le "patron" de l'armée, le général Gerard Van Caelenberge.

Depuis 2006, 5.550 militaires belges ont pris part à cette mission, dont quatre y ont laissé la vie - trois lors d'un accident survenu à leur véhicule blindé Pandur le 7 mars 2007, et un démineur, tué par l'explosion d'une sous-munition le 3 septembre 2009.

D'octobre 2006 à février 2009, un des pions majeurs du dispositif était un hôpital militaire de campagne avec capacités chirurgicales (dit "rôle 2" en jargon). Il a soigné 9.100 patients, à la fois des membres de la Finul et des civils libanais, souvent démunis.

Pour compenser son retrait, le gouvernement belge avait libéré quatre millions de dollars, prélevés sur le budget de la Coopération au développement, pour financer la rénovation de l'hôpital local.

Le retour au pays du gros du détachement est prévu avant Noël et celui de l'arrière-garde, chargée du rapatriement du reste du matériel, en janvier. L'armée doit, outre le personnel, rapatrier dix véhicules blindés légers de type LMV ("Light Multirole Vehicle" ou Lynx), six MPPV (MultiPurpose Protected Vehicles, ou Dingo II) et un char Léopard en version génie) ainsi que 48 conteneurs et de deux remorques (shelters).