Farid le Fou quitte l’hôpital et se retrouve libre

Farid Bamouhammad, 46 ans, est en liberté. Le détenu, qui bénéficiait d'une liberté provisoire pour raisons médicales, a quitté l'hôpital Saint-Pierre de Bruxelles il y a quelques jours. Le ministre de la Justice Koen Geens a exprimé son opposition à cette libération, admettant toutefois son impuissance face à la situation.

Farid Bamouhammad pourra donc passer les fêtes de fin d'années en famille. Il doit néanmoins se présenter devant le juge, à Liège, le 14 janvier prochain.

Les raisons pour lesquelles la suspension de la peine de Farid Bamouhammad, emprisonné jusqu'en 2026 en principe, est encore en exécution tardent à être dévoilées.

Seules les dernières déclarations de Me Marc Neve permettent d'avancer un début d'explication. "Nous disposons de nouveaux rapports d'experts qui disent que mon client ne peut psychiquement pas faire face à un retour en prison", avait-il déclaré à la presse.

Ce vendredi, l’avocat a tenu à souligné que son client était toujours suivi sur le plan médical. "Il a été libéré pour raison médicale, pour recevoir des soins médicaux", a-t-il commenté, confirmant par ailleurs qu'aucune autre mesure d'accompagnement ou de sécurité n'a été ordonnée.

Le président du tribunal de première instance de Liège aurait ordonné cette libération provisoire suite à des rapports faisant état des conditions de détention de Farid Bamouhammad, un détenu réputé difficile. "Le premier fou dans l'histoire, c'est le directeur de la prison qui a ordonné des conditions de détention totalement délirantes", affirme Me Marc Neve.

Le ministre de la Justice s’explique

"Le ministre de la Justice aurait pu prendre lui-même une décision mais ne l'a pas fait. C'est parce qu'il n'a pas tranché que le tribunal de première instance a dû se prononcer", a affirmé l’avocat du détenu, précisant que le cabinet de Koen Geens avait été mis au courant de la situation et du lieu où se trouve Farid Bamouhammad.

Le ministre de la Justice (photo) a expliqué vendredi, sur les ondes de la VRT, son opposition à la libération de Farid Bamouhammad, qu'il fera valoir début janvier devant la justice liégeoise. "Malheureusement la seule chose qu'on peut faire dans un Etat de droit, avec l'espoir qu'on puisse mettre un terme à cette libération. Que ceci passe mal aux yeux du public, et en l'occurrence même aux yeux du ministre de la Justice, est difficile à éviter", a-t-il dit.

Cette liberté provisoire sera à nouveau débattue le 14 janvier prochain devant le tribunal. "Il peut encore y avoir appel, tout comme un débat peut être suscité auprès du tribunal d'application des peines", précise Marc Nève.