"Les services secrets britanniques derrière l’espionnage de Belgacom"

Les services secrets britanniques (GCHQ) sont derrière le hacking de l’entreprise publique belge de télécommunications. C’est ce que révèlent des documents publiés par les quotidiens De Standaard, NRC Handelsblad et le site américain The Intercept. Ce hacking avait été mis au jour l’an dernier mais durait déjà depuis deux ans. C’est BICS, la filiale de Belgacom active dans les échanges internationaux entre opérateurs qui était visée.
BELGA/WARNAND

Les documents publiés datent de juin 2011 et ont été utilisés lors d’une réunion entre les services secrets britanniques, américains, canadiens, néozélandais et australiens. Les documents concernent une attaque informatique contre Belgacom et sa filiale BICS (Belgacom International Carrier Services).

Belgacom a toujours nié que ses clients avaient été touchés par cet espionnage. Or cela semble pourtant avoir été le cas. Les services secrets britanniques ont ainsi pu intercepter les communications des clients individuels de Belgacom, de l’OTAN et de l’Union européenne ainsi que des clients de centaines de fournisseurs internationaux de télécom.

Belgacom et le GCHQ ont refusé de réagir à ces révélations. Selon les services secrets britanniques ses opérations étaient légales. De son côté Belgacom estime qu’il faut attendre les résultats de l’enquête judiciaire.
 

Enquête approfondie du parquet fédéral

"Le parquet fédéral mène actuellement une enquête approfondie relative à l'espionnage chez Belgacom", a indiqué samedi le vice-Premier ministre et ministre de l'Agenda numérique Alexander De Croo (Open VLD).

"Je suppose que les enquêteurs vont au fond des choses. Une réponse appropriée devra suivre une fois l'enquête terminée", ajoute le ministre.

Belgacom avait immédiatement pris différentes mesures, en renforçant notamment les investissements destinés à améliorer la sécurité, conclut Alexander De Croo.

Les autorités fédérales ont également lancé la création d'un Centre pour la cybersécurité.

Selon De Staandard, l'agence de renseignements britannique GCHQ avait pu intercepter plus de communications de clients qu'imaginé lors de l'intrusion numérique chez Belgacom et sa filiale internationale Bics.

L'ancien agent de la NSA Edward Snowden avait confirmé en mars dernier que l'agence américaine de renseignements avait espionné Belgacom. L'agence britannique GCHQ avait également été citée.