Grève nationale de ce lundi: quelles seront les perturbations ?

La grève nationale de ce lundi 15 décembre risque d’avoir plus d’impact que les grèves tournantes par province de ces dernières semaines. Cette grève nationale touchera davantage de secteurs, l’activité économique et les transports seront à l’arrêt pour 24 heures, plusieurs routes et autoroutes risquent d’être bloquées.

Le mouvement syndical mis en branle depuis la manifestation nationale du 6 novembre culminera lundi avec une journée de grève nationale. La FGTB, la CSC et la CGSLB paralyseront le pays pendant 24 heures afin de réitérer leur fin de non-recevoir aux mesures d'austérité prévues dans l'accord de gouvernement fédéral.

De manière générale, le front commun syndical annonce une mobilisation plus importante que lors des grèves tournantes qui ont touché le pays depuis le 24 novembre.

Les transports

Le secteur des transports devrait être frappé de plein fouet par cette action, comme ce fut déjà le cas lors des trois lundis de grève tournante, mais cette fois sur le plan national. Les sociétés de transport public SNCB, Stib, De Lijn et TEC seront quasiment totalement à l'arrêt. La situation ne devrait pas être plus facile sur la route, où des piquets de grève pourraient bloquer l'accès à la capitale ainsi qu'aux zonings industriels.

Les trains à grande vitesse ne circuleront pas dans le pays lundi. Eurostar, Thalys, TGV et ICE ont déjà annoncé l'annulation de tous leurs trains dès dimanche 22h.

L'espace aérien belge sera, quant à lui, fermé en raison de l'arrêt de travail qui touchera Belgocontrol, l'entreprise chargée d'assurer la sécurité du trafic aérien en Belgique. Tous les aéroports du pays sont concernés par cette décision. Aucun avion ne devrait donc atterrir ou décoller des aéroports de Zaventem, Charleroi, Liège, Anvers et Ostende.

Brussels Airlines a annoncé l'annulation de tous ses vols lundi, ce qui devrait coûter 5 millions d'euros à la compagnie. Jetarifly et Thomas Cook ont, pour leur part, décidé d'opérer leurs vols depuis et vers des aéroports étrangers, à savoir Lille, Maastricht et Schipol.
Les voies navigables ne seront pas épargnées par le mouvement.

La navigation devrait être "très problématique" vers les ports flamands, selon l'agence flamande compétente. Le trafic sur l'Escaut devrait être interrompu dès dimanche à 17h00.
 

Activité économique

Dans tout le pays, la mobilisation intersectiorielle devrait aboutir à un ralentissement important de l'activité économique.

Les administrations et entreprises publiques, l'enseignement et le secteur non marchand souffriront également du mouvement.
A Bruxelles aussi, la mobilisation devrait s'intensifier par rapport à la situation lors de la grève tournante du 8 décembre. Les zonings industriels d'Anderlecht, de Drogenbos, de Diegem et de Zaventem seront visés.

Il n'en ira pas autrement dans les provinces flamandes. A Anvers, le port sera totalement paralysée tandis que l'industrie chimique ressentira également les conséquences du mouvement syndical. "Il y aura très peu d'activité aux terminaux maritimes", confirme le directeur d'Alfaport, la coupole des entreprises actives dans le port.

Enseignement et accueil à la petite enfance

Le nombre de grévistes parmi les enseignants sera plus élevé lundi que lors des grèves tournantes. La grève touchera aussi davantage l’enseignement primaire que le secondaire. Dans le secondaire quais aucun examen n’a été planifié et les cours seront quasi suspendus dans le primaire. Si nécessaire, les enfants pourront être accueillis dans d’autres écoles du voisinage.

L’impact sur le secteur de la petite enfance est difficile à estimer. Les crèches indépendantes fonctionneront normalement mais la plupart des crèches communales seront fermées surtout à Anvers et à Gand.
 

Secteur non-marchand

Dans le secteur non-marchand, la grève sera nettement plus suivie lundi que lors des grèves tournantes. La plupart des hôpitaux fonctionneront avec du personnel réduit : cela signifie que les interventions non-urgentes seront reportés (mais pas toujours). Par contre les interventions urgentes, ainsi que les chimiothérapies, les radiothérapies et les dialyses se dérouleront comme prévu.