Nouredinne Smaïli: "Il faudrait former nos imams"

Le président de l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), Nouredinne Smaïli, a invité vendredi les pouvoirs publics à jouer un rôle accru dans la formation des imams et dans la régulation des comités de gestion des mosquées. Au micro de Bel RTL, il a aussi appelé à collecter des informations auprès des jeunes revenus de Syrie.

"Quand le ministre (de l'Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles Jean-Claude) Marcourt a parlé de master, de formation d'imams, je crois qu'il faut faire cela", a déclaré M. Smaïli, qui est lui-même imam à Liège. "Il faudrait former les imams, il faudrait former les comités de gestion de mosquées, il faudrait informer les gens".

Interrogé sur les jeunes partis se battre en Syrie, il préconise de les considérer comme "une mine d'information" plutôt que de les priver de leurs droits sociaux à leur retour. "Il faudrait qu'ils reviennent ici nous dire ce qu'ils ont vécu de l'autre côté. Il faudrait qu'on trouve une méthode pour voir qui les a fait partir, qui les a formés, pourquoi ils sont partis. Il faudrait qu'ils nous informent pour qu'on ne retombe pas et qu'on puisse former nos jeunes qui sont ici".

L'attentat de Paris a choqué la communauté musulmane, a aussi indiqué M. Smaïli. "Les Musulmans sont humiliés parce qu'on a fait ça en leur nom. Ils n'ont rien à voir avec ça". Lui-même n'a pas d'objection aux caricatures du prophète. Même dans le Coran, Mahomet est "traité de tous les noms d'oiseaux" par ses adversaires, souligne-t-il. En outre, "la loi l'autorise, je ne crois pas que j'ai le droit d'être contre".

De façon surprenante, il se déclare même "assez d'accord" avec les propos du polémiste Eric Zemmour sur les expulsions de personnes opposées aux valeurs européennes. "Je dirais à peu près la même chose. Ils s'assimilent ou ils partent. S'ils ne veulent pas accepter un peu les valeurs européennes et vivre en Europe en respectant la loi, ils n'ont rien à faire ici". Un peu plus tôt, interrogé sur les conseils qu'ils donnerait aux candidats au djihad en Syrie, il avait pourtant dit: "Ne partez pas. Vous êtes des Européens, défendez les valeurs européennes".