L’œuvre d’Arne Quinze sera finalement démontée à Mons

L'entièreté de la structure "The Passenger", l'œuvre de l’artiste flamand Arne Quinze, sera démontée dès ce samedi, a annoncé la Ville de Mons samedi. La décision a été prise en concertation avec la Ville, les pompiers, les services de police, l'artiste, les responsables de la fondation Mons 2015 et les bureaux d'experts désignés pour analyser la stabilité de la structure.

La structure artistique urbaine d'Arne Quinze a été inaugurée le 2 décembre 2014 et a déjà connu plusieurs problèmes de stabilité.

Le 24 décembre, la partie centrale de l’œuvre s'est effondrée. Des réparations ont été effectuées pendant plusieurs jours mais, en début de semaine, des craquements ont été entendus.

De plus, une partie de la structure s'est de nouveau affaissée vendredi.

Il a dès lors été décidé de démonter la partie fragilisée mais, samedi midi, la Ville a annoncé que, pour des raisons de sécurité, l'entièreté de l' oeuvre serait démontée.

La question que tout le monde se pose est de savoir qui va payer les 400.000 euros pour ce mikado géant qui devait initialement rester en place pendant cinq ans. Lors du premier accident en décembre, c'est l'artiste qui avait pris en charge les travaux de réparation de l'oeuvre.

"C'est un enfant que je perds" (Arne Quinze)

La décision de déconstruire son oeuvre "The Passenger" pour des raisons de sécurité a affecté l'artiste Arne Quinze pour qui pareille mésaventure est une malheureuse première sur une trentaine d'oeuvres similaires installées dans le monde.

"Je suis presque sans mots, c'est comme un enfant que je perds", a déclaré, lors d'un conférence de presse tenue samedi au siège de la Fondation mons 2015, l'artiste flamand Arne Quinze, visiblement affecté par la décision de déconstruire son oeuvre "The Passenger" à Mons.

"Je ne veux pas aller voir l'oeuvre effondrée, ça me fait trop mal. Mais la décision du démontage était inéluctable car la sécurité publique est essentielle. Il aurait fallu plus de temps pour effectuer les réparations mais je ne voulais pas bloquer la rue de Nimy qu'il fallait rapidement libérer pour le passage des camions de matériel pour la fête d'ouverture de Mons 2015 le 24 janvier prochain."

L'artiste veut comprendre ce qu'il s'est passé. "Je pense que nous avons joué de malchance quand une poutre porteuse a cédé la veille de Noël, enclenchant une réaction en chaîne. La structure, composée de triangles 3D en bois, était solidaire. Je veux mettre tous les paramètres d'analyse les uns à côtés des autres pour comprendre les causes de l'incident. Nous construisons actuellement à Enschede, au Texas et en Asie et nous devons désormais bien réfléchir. Je suis quand même entouré de bureaux d'étude de haut niveau. Nous avions exploré les lieux à Mons il y a un an et demi, nous avions trouvé le bon endroit, une maquette avait été faite par des ingénieurs qui ont suivi le projet dans sa construction. Heureusement, il n'y a pas eu de blessé à Mons. Je conclurai en disant qu'il n'y a que les gens qui font des choses qui risquent des accidents. Mais l'incident de Mons ne m'empêchera de poursuivre ma démarche artistique urbaine."

La reconstruction n'est pas à l'ordre du jour

Si l'hypothétique désir de reconstruire "The Passenger" à Mons était présent dans certains esprits, samedi après-midi à la Fondation Mons 2015, le bourgmestre de Mons Elio Di Rupo a tenu à indiquer que le temps était d'abord à la réflexion. "Il faut se donner le temps de la réflexion, on n'a pas parlé de reconstruction. Il faut d'abord absorber le choc", a-t-il déclaré.

Du côté de la Fondation Mons 2015, on a déjà le regard tourné vers les semaines et mois à venir, notamment la fête d'ouverture du 24 janvier prochain. "La meilleure décision est celle qui a été prise samedi matin, celle du démontage", a soutenu Yves Vasseur, commissaire général de Mons 2015. "La seule victime de tout l'incident est un châssis du tribunal. Mons 2015, c'est 300 projets. Il en reste donc 299 à réussir."

Les quelque 44.000 planches de bois constituant la structure "The Passenger" seront évacuées pour dimanche soir, ce qui permettra la réouverture, dès lundi matin, de la rue de Nimy, fermée à la circulation automobile depuis le premier incident du 24 décembre. "Les planches seront recyclées à 100 pourcent, après l'enlèvement des quelque 70.000 vis par un grand aimant, en bois aggloméré pour panneaux de construction", a indiqué Philippe Degeneffe, commissaire adjoint de Mons 2015.