Un homme interpellé après l’alerte à la bombe au Soir

A la suite de l’alerte à la bombe qui visait la rédaction du quotidien bruxellois Le Soir, dimanche après-midi, un quinquagénaire a été interpellé. L’homme, qui se revendique de l’extrême-gauche, voulait stopper la couverture médiatique de l’attentat contre le journal satirique français Charlie Hebdo, qui d’après lui nourrirait l’extrême-droite.

Alors que l’alerte à la bombe visant la rédaction du quotidien bruxellois Le Soir était levée dimanche en début de soirée, un quinquagénaire était interpellé, a indiqué le parquet de Bruxelles.

Vers 14h30, un appel avait abouti à la rédaction du "Soir", ce dimanche. "Ca va péter dans votre rédaction. Vous ne nous prenez pas au sérieux", avait menacé le correspondant qui s'est présenté comme Thierry Carreyn, un ex-imprimeur de 53 ans déjà connu de la justice pour le dépôt d'une bombe en 1999 devant les locaux du Vlaams Blok le parti flamand d’extrême-droite rebaptisé depuis Vlaams Belang).

Face à cette menace, le bâtiment du "Soir" au centre de Bruxelles - qui héberge également les rédactions de "La Capitale" et du "Soir Mag" - était complètement évacué. La rue Royale était, elle, coupée à toute circulation. L'édifice était complètement fouillé, à l'aide d'un chien pisteur notamment, mais sans résultat.

Les journalistes du Soir, qui avaient travaillé pendant plusieurs heures dans un hôtel voisin, ont retrouvé leurs bureaux peu après 20h00, à l'issue de plus de cinq heures d'absence forcée. La rédaction du quotidien et le directeur général du Soir, Didier Hamann, annonçaient qu’un journal sortirait bien lundi matin dans les kiosques malgré ces déboires.

"Cette alerte à la bombe en ce jour emblématique en terme de liberté d'expression, c'est juste fou!", commentait Hamann. "Ce qui aurait été pris à la légère il y a cinq jours (avant l'attaque de Charlie Hebdo, NDLR) et aurait même paru totalement impensable, a été pris très au sérieux." A la suite des péripéties, des mesures discrètes seront prises afin de renforcer la sécurité du quotidien, a ajouté Didier Hamann.

"Le suspect T. C., né en 1962, sera entendu par les enquêteurs de la police locale de Bruxelles-Capitale Ixelles", a précisé le parquet.

Proche des milieux anarchistes et révolutionnaires, l'homme interpellé avait posté énormément de commentaires sur la tragédie de Charlie Hebdo ces derniers jours. Il avait déjà commis certains faits en 1996, qualifiés d’attentat, en crevant les pneus d’une voiture.