De l’argent disponible pour la lutte contre le terrorisme

Des mesures de sécurité accrues en Belgique ne sont pas incompatibles avec les économies indispensables planifiées, a estimé le Premier ministre Charles Michel (photo) ce mardi en Commission de l’Intérieur de la Chambre. Une réserve de 300 millions d’euros a en effet été incorporée dans le budget 2015, pour permettre des dépenses supplémentaires. Cette marge peut notamment servir à renforcer les mesures pour garantir la sécurité.

Intervenant en Commission de l’Intérieur de la Chambre, le Premier ministre Michel a évoqué la politique de sécurité en Belgique après les attentats parisiens et souligné qu’une partie au moins de la réserve de 300 millions d’euros peut servir à mettre en œuvre de nouvelles mesures de sécurité.

Charles Michel a rappelé qu’il avait aussitôt réuni l’ensemble des services de sécurité et qu’un nouveau Conseil national de sécurité sera lancé. Le Premier ministre réagissait ainsi à un article paru dans les journaux financiers De Tijd et L’Echo qui, sur base de plusieurs chiffres budgétaires, ont calculé que les services de sécurité en Belgique devront dorénavant fonctionner avec moins de moyens.

Ce sont notamment la Sûreté de l’Etat, le Centre de crise et l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam) qui devront réaliser d’importantes économies d’ici 2019. Et les investissements deviendraient moins importants dans le Réseau Astrid, utilisé pour la communication entre les services de sécurité et de secours.

"La sécurité est un point important. Il est réellement prioritaire. Notre budget est sous contrôle et sera réajusté, mais pour ce qui est de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, nous devons réellement libérer les moyens nécessaires. Il n’y aura pas de coupes budgétaires dans la sécurité", affirmait Charles Michel.

De nouvelles mesures

Le Premier ministre a également laissé entendre que le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) et le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) présenteront vendredi quelques mesures supplémentaires de sécurité.

"Certains éléments figurent déjà dans l’accord de gouvernement. Nous savons notamment que les réseaux sociaux et les prisons sont un terrain propice aux discours extrémistes. Nous voulons mieux le surveiller. Et nous savons aussi qu’il faut une collaboration et une confiance accrues avec les autres services de sécurité européens".