Les policiers autorisés à ramener l’arme de service à domicile ?

Les menaces proférées par l’organisation djihadiste Etat Islamique à l’encontre de la police française inquiètent aussi les policiers belges, qui se sentent partiellement visés. Leurs syndicats estiment que les agents devraient être mieux équipés et pouvoir ramener leur arme de service à la maison, comme cela était le cas avant 2005.

Ce lundi, la police fédérale appelait tous ses agents à une vigilance accrue à la suite des attentats perpétrés entre mercredi et vendredi en France. La direction de la police a également pris des mesures de sécurité renforcées, afin de protéger ses bureaux et son personnel.

Mais les syndicats de la police belge estiment que ces mesures ne sont pas suffisantes. Ils demandent notamment que les agents soient autorisés à ramener leur arme de service à domicile, indique le quotidien Het Nieuwsblad ce mardi. Ceci leur est défendu depuis 2005, après une série de drames sentimentaux qui avaient fait des morts à la suite de l'utilisation d’une arme de service.

"Cette mesure peut être très importante, car notre personnel est théoriquement de service 24 heures sur 24. Même quand ils sont en civil, les agents de police sont censés intervenir en cas de problème", explique Vincent Houssin (photo) du syndicat de police SLFP. "C’est pourquoi nous demandons que notre personnel soit bien équipé et mieux protégé".

Uniforme et discrétion

Les syndicats souhaitent également que les agents de police ne portent plus leur uniforme lorsqu’ils rentrent chez eux après leurs heures de travail. "Ainsi ils ne seront plus une cible facile à reconnaître".

Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), devait se concerter ce mardi avec les syndicats de la police. Les agents sont effectivement inquiets pour leur sécurité, et le ministre devra trouver un moyen de les rassurer, estime encore Vincent Houssin.

A Gand (Flandre orientale) et à Bruxelles, de nouvelles mesures sont déjà d’application. Ainsi, à Gand, les agents doivent dorénavant patrouiller à deux et porter des gilets pare-balles. A Bruxelles, les agents ne sont plus autorisés à laisser leur véhicule de service sans surveillance.

Des mesures en ligne contre le terrorisme

Le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), veut pouvoir faire écouter les conversations téléphoniques de ceux qui encouragent le terrorisme, indique d'autre part le quotidien De Standaard ce mardi.

La "liste d'enregistrements" actuelle reprend les délits pour lesquels la police peut mettre un suspect sur écoute. Le terrorisme en fait partie, mais seulement pour sa description classique: la planification, le soutien, le financement ou l'exécution d'un attentat. Or, la définition du terrorisme a été sensiblement étendue.

Depuis, le fait de suivre ou de donner une formation dans le but de commettre un attentat est aussi considéré comme du terrorisme, tout comme l'appel au terrorisme et le recrutement. Mais cette extension de la définition n'a pas encore été répercutée dans la loi sur les écoutes téléphoniques.

"Le but est d'ajouter les infractions actuelles en rapport avec le terrorisme à la liste des infractions pour lesquelles des écoutes téléphoniques sont possibles", explique la porte-parole du ministre de la Justice. Les enquêteurs belges demandent surtout à pouvoir observer les conversations en ligne, vu que les terroristes ne se téléphonent presque plus. La loi doit être adaptée au plus vite, estiment-ils.