"L’armée peut être mobilisée rapidement pour la surveillance"

Le Conseil des ministres a approuvé ce vendredi 12 mesures concrètes pour lutter contre le terrorisme et la radicalisation, et augmenter la sécurité dans le pays. Ainsi, 150 soldats se tiennent prêts à épauler la police pour des tâches de surveillance. La provision de 300 millions d’euros incorporée dans le budget 2015 pourra être utilisée essentiellement pour couvrir les dépenses supplémentaires inhérentes à ces mesures accélérées. D’autre part, la Belgique demande la réunion d’un Conseil "formel" européen pour coordonner la lutte contre le radicalisme.

Les principaux ministres du gouvernement fédéral se sont concertés pendant la matinée et ont décidé d’une série de mesures concrètes pour accroître la sécurité dans le pays. Des mesures qu’ils présentaient ce midi à la presse, en commençant par remercier les services de renseignements, de police et de la justice qui ont permis de déjouer des attentats graves et imminents en Belgique, contre des citoyens et plus particulièrement la police.

Le Premier ministre Charles Michel (MR) a également tenu à remercier les autorités françaises pour leur appui technique dans le cadre de l’opération policière anti-terroriste menée jeudi. Il a souligné que le relèvement du niveau d’alerte à 3, pour toute la Belgique, a été décidé au vu du résultat de l’opération de jeudi, mais aussi des attentats menés à Paris récemment et de celui perpétré en mai contre le Musée juif de Bruxelles.

Le gouvernement belge appelle en outre la population à ne pas céder à la panique, ni la psychose. Il va également inviter les chefs d’Etat et de gouvernement des pays de l’Union européenne et le président du Conseil européen, Donald Tusk, à un Conseil « formel » européen, pour coordonner davantage la lutte contre le radicalisme.

Douze mesures concrètes pour la sécurité

Indépendamment des engagements pris dans l’accord de gouvernement, l’équipe Michel veut accélérer certaines mesures pour renforcer la sécurité des citoyens et institutions. Pour ce faire, elle a décidé de 12 mesures concrètes, dont une majorité seront présentées avant la fin du mois, et le reste d’ici un mois. Certaines entrent en vigueur immédiatement, comme la mobilisation de l’armée à court terme pour épauler les services de police dans certaines missions de surveillance.

Sur le plan financier, la provision de 300 millions d’euros incorporée dans le budget 2015 pourra être utilisée essentiellement pour couvrir les dépenses supplémentaires inhérentes à ces mesures accélérées. Ces dernières seront évaluées dans 2 semaines déjà, puis dans un mois. Le gouvernement veut ainsi prouver qu’il est fermement décidé à combattre le terrorisme et assurer la sécurité sur le territoire belge.

Les 12 mesures prises par le gouvernement fédéral

1. Extension des infractions terroristes et adaptation de la législation pour une sanction plus efficace. Insertion d'une nouvelle infraction terroriste relative au déplacement à l'étranger à des fins terroristes, dans le code pénal.

2. Extension de la liste des infractions donnant lieu à l'utilisation des méthodes particulières de recherche, comme l’écoute téléphonique. Les infractions ajoutées sont notamment l’incitation au terrorisme, le recrutement et la formation et le déplacement à l'étranger à des fins terroristes.

3. Élargissement des possibilités de retrait de la nationalité.

4. Retirer temporairement les passeports et les cartes d'identité, ou refuser la délivrance de passeports aux personnes qui présentent un risque pour l'ordre public et la sécurité.

5. Activer le mécanisme prévu par la loi pour identifier les personnes impliquées dans le financement terroriste et dont les avoirs seront gelés. L’Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam) va préparer une liste de terroristes dont les avoirs doivent être gelés.

6. Révision de la circulaire sur les "Foreign Fighters" (essentiellement ceux partis en Syrie) du 25 septembre 2014. Répartition plus claire des tâches entre les services qui doivent effectuer le suivi.

7. Optimiser l'échange d'information entre les autorités et services administratifs et judiciaires.

8. Révision accélérée du plan de 2005 contre la radicalisation, afin de tenir compte des évolutions récentes.

9. Lutte contre la radicalisation dans les prisons par une meilleure détection des détenus radicalisés et de ceux qui encouragent la radicalisation. Ils seront isolés dans des sections de prisons au nord et au sud du pays. La collaboration avec les conseillers islamiques sera renforcée.

10. Réforme des structures de renseignement et de la sécurité.

11. L'armée pourra être mobilisée à court terme pour seconder la police dans des missions spécifiques de surveillance.

12. Des missions de protection de personnalités seront confiées à la police fédérale plutôt qu’à la Sûreté de l’Etat. Cette dernière pourra ainsi se concentrer sur la lutte contre le terrorisme.