Francken veut un contrôle accru des imams

Le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA, photo), veut ainsi éviter que les imams qui prêchent le salafisme obtiennent un permis de séjour en Belgique. Actuellement, la procédure est gérée par la Sûreté de l’Etat. "Un moratoire est l’une des options que nous devons étudier", indique le Secrétaire d’Etat aux quotidiens De Standaard, Het Nieuwsblad et Le Soir.

A l’heure actuelle, c’est la Sûreté de l’Etat qui doit donner son accord pour la délivrance d'un permis de séjour lorsqu’un imam introduit une demande. "Le problème est que la Sûreté de l'Etat ne connaît souvent pas ces personnes et n'oppose donc aucune objection", explique Theo Francken en charge de l’Asile et la Migration au gouvernement fédéral.

Le Secrétaire d’Etat estime qu’il est normal qu’une enquête soit menée envers les imams qui prêchent le salafisme. Ce courant fondamentaliste au sein de l’islam est en effet considéré comme le terreau idéologique du terrorisme islamiste.

Theo Francken envisage donc de passer par un screening supplémentaire réalisé par l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam) pour les imams venant de pays comme le Qatar ou l'Arabie saoudite. "Je ne dis pas non plus que nous n'allons plus accepter le moindre imam provenant de ces pays", tempère-t-il toutefois, expliquant réfléchir à l'idée d'un moratoire.

Le Secrétaire d’Etat veut aussi voir si le service de renseignement militaire peut être sollicité. Ce dernier est aussi compétent pour intervenir hors des frontières belges. Theo Francken travaille actuellement à une proposition de loi, qu'il soumettra vendredi à l'approbation du conseil des ministres.

Et les imams fondamentalistes déjà établis en Belgique ?

Invité dans l’émission "De Ochtend" de la VRT, ce lundi matin, le Secrétaire d’Etat précise que "le permis de travail n’est valable qu’un an. Il y a donc là aussi des possibilités de retirer un permis de séjour". Mais pour les imams qui résident déjà de longue date en Belgique, cela devient plus difficile.

"Il y a en effet des principes de base de la loi sur les étrangers que l’on doit respecter". Mais Theo Francken est également prêt à intervenir si cela s’avère nécessaire. "Si la sécurité nationale est en péril, nous pouvons faire appel à l’intérêt supérieur. Et nous avons l’intention de le faire".

L’imam gantois Brahim Laytous doute que ce soit le meilleur moyen de lutter contre le radicalisme. Il estime qu’il serait plus important de contrôler les imams qui sont actuellement déjà actifs en Belgique.

"Il y a actuellement 165 mosquées en Flandre, dont seules 28 bénéficient d’une reconnaissance officielle. Contrôlons les imams qui ont déjà reçu un permis de séjour et sont en contact avec les jeunes en Belgique, pour voir quel discours ils leur tiennent", propose Laytous.

BELGA/WAEM