Les réfugiés trouvent plus facilement du travail en Flandre

Ce qui vaut pour les Belges semble être vrai aussi pour les réfugiés et demandeurs d’asile dans notre pays. Il est plus facile de trouver un emploi en Flandre qu’en Wallonie ou à Bruxelles, indique une étude menée par l’Université Catholique de Louvain (KU Leuven) et l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Quatre ans après la reconnaissance de leur statut, plus de la moitié des réfugiés ont trouvé du travail, révèle encore cette étude.

Pour réaliser l’étude de grande envergure commandée par le Service public de programmation de la Politique scientifique fédérale et le Centre fédéral Migration, les chercheurs de l’Université Libre de Bruxelles et de l’Institut supérieur pour le Travail de la KU Leuven se sont penchés sur la trajectoire professionnelle de 108.856 personnes qui ont demandé l'asile entre 2001 et 2010 en Belgique. Il en ressort que certains facteurs sont déterminants pour le succès de l’intégration sur le marché du travail.

"Le temps joue un rôle crucial dans l’insertion socio-économique des demandeurs d’asile et réfugiés. Plus vite ils s'insèrent sur le marché du travail, meilleure s'annonce leur carrière ultérieure", indique Andrea Rea qui dirige l’étude pour l'ULB.

Sur le total de 108.856 personnes, les chercheurs se sont spécifiquement intéressés à un échantillon de 4.869 individus, qui correspond aux personnes ayant obtenu un statut de réfugié entre 2003 et 2006. Ils les ont suivies chaque trimestre durant quatre ans.

Il ressort de l'étude qu'au moment de la reconnaissance de leur statut, 19% des personnes étaient actives (salariés, indépendants ou chômeurs). Le chiffre monte à 55% des personnes quatre ans plus tard. "Cela prouve que l'intégration au sein du marché du travail s'améliore avec le temps. Peu à peu ces personnes entrent sur le marché de l’emploi et contribuent au développement économique", souligne Rea.

Les chiffres dégagés par les chercheurs correspondent au taux d'activité de la population belge d'origine étrangère active sur le marché du travail. "On peut parler de bons résultats si on les compare avec d'autres pays. La Belgique se trouve dans la moyenne", indique Andrea Rea.

Différences entre Régions

Mais l'étude pointe également quelques faiblesses dans le système. La situation familiale, l’âge et le sexe influencent la trajectoire professionnelle des réfugiés. Les femmes célibataires avec enfants sont ainsi plus susceptibles de bénéficier l'aide sociale tout au long de leur carrière que les femmes en couple avec ou sans enfants et que les femmes célibataires sans enfants.

L'étude démontre également des différences entre le nord et le sud du pays. Le contexte économique en Flandre, où le taux de chômage est plus faible que dans les deux autres régions, offrirait de meilleures perspectives d'emploi, ce qui améliorerait les chances des réfugiés sur le marché du travail.

Le parcours d'intégration civique des immigrés en Flandre ("inburgering") contribue d’autre part à l'amélioration des compétences linguistiques, grâce à des cours de langue (photo), et au développement de compétences utiles dans la recherche d'un emploi grâce à l'encadrement et à la promotion des contacts avec les institutions belges et flamandes.