Radicalisation : des communes coordonnent la prévention

Le ministre-président de la Région bruxelloise, Rudi Vervoort, et les quatre communes bruxelloises directement concernées par la problématique de la radicalisation de jeunes et des départs vers la Syrie - à savoir Bruxelles-Ville, Schaerbeek, Molenbeek et Anderlecht - ont décidé de se concerter pour harmoniser leurs dispositifs de prévention et procéder à l’échange d’informations et de bonnes pratiques.
BELGA/VERGULT

La première réunion de mise en place d'une cellule de coordination réunissant la Région bruxelloise et les quatre communes les plus concernées par la lutte contre le radicalisme rassemblait mercredi soir le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS, photo), les bourgmestres d'Anderlecht, Eric Tomas (PS), de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur (PS), de Molenbeek, Françoise Schepmans (MR), et de Schaerbeek Bernard Clerfayt (FDF), ainsi que les chefs de corps des zones de police concernées.

La Région bruxelloise a décidé de mettre en place une structure coordonnée de prévention qui œuvrera à la sensibilisation et à la formation du personnel de terrain (gardiens de la paix, travailleurs de rue, ...) et à l'échange de bonnes pratiques.

Autre proposition sur la table: la création d'un site internet destiné à apporter une série de réponses aux questions que se posent les parents, les jeunes gens et les proches de ceux qui sont partis, qui sont tentés de partir sur les lieux de combats ou sont attirés par la radicalisation. Ce site leur permettra aussi de solliciter plus aisément une aide psycho-sociale ou juridique.

Il ressort en outre de la réunion que la transmission des informations entre les police fédérale et locales est incomplète, en particulier en ce qui concerne les listes de personnes à surveiller. Les bourgmestres interrogés à la fin de la réunion ont tour à tour indiqué qu'il leur était dès lors difficile de savoir quel type d'action, voire de vérifications ils devaient entreprendre.

"Avons nous la situation sous contrôle? Je l'ignore", a commenté le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur (photo), insistant sur la volonté commune des bourgmestres et de la Région d'établir un protocole d'actions dans les prochaines semaines. Selon lui, la Ville de Bruxelles compte une septantaine de personnes qui sont liées, à des degrés divers, à la problématique de la radicalisation et des départs en Syrie.

D'après Eric Tomas, les bourgmestres se posent de nombreuses questions sur ce que l'on attend d'eux, sur ce qu'ils peuvent faire au départ de la liste qui leur a été transmise, ne sachant pas ce qui est reproché à chacune des personnes figurant sur ces listes.

De son côté, Bernard Clerfayt a mis en exergue la faible marge de manœuvre dont disposent les bourgmestres à l'égard de ceux qui reviennent de Syrie. D’après le bourgmestre de Schaerbeek, seul un juge peut prendre des mesures. Par conséquent, il manque une treizième mesure dans le plan fédéral, à savoir le contrôle judiciaire systématique de chaque personne qui revient de la zone des combats de l'Etat Islamique, pour permettre d'imposer des mesures, y compris celles de suivi et d'accompagnement lorsqu'il s'agit de cas réputés moins problématiques. Or, les communes n'ont aucun pouvoir contraignant en la matière, a rappelé Bernard Clerfayt.

Des réunions de la cellule de coordination, axées sur des mesures opérationnelles, auront lieu à intervalles réguliers à partir de la semaine prochaine.

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