L’Etat belge en appel contre la libération de Farid le Fou

Le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V, photo) a déposé une requête d’appel dans le dossier de Farid Bamouhammad - surnommé Farid "le Fou" en raison de son comportement difficile - , libéré le 30 novembre par le tribunal de première instance pour raisons de santé. Il devait purger une peine de prison jusqu’en 2027. Geens estime que le juge qui a statué au civil le 16 janvier n’était pas compétent.

Incarcéré depuis 1985 pour meurtre, tentative de meurtre et tentative d’enlèvement, Farid Bamouhammad (47 ans aujourd’hui) était libéré provisoirement le 30 novembre dernier, pour raisons médicales. Son état physique et mental se détériorait en effet au terme de plusieurs semaines de grève de la faim, entamée en octobre après un incident à la prison de Marche-en-Famenne.

A l’hôpital, Bamouhammad n’était pas surveillé par la police mais par l’un de ses avocats. Le ministre de la Justice, Koen Geens, indiquait immédiatement qu’il allait introduire une tierce opposition contre cette libération provisoire. Selon des sources au sein de l’administration pénitentiaire, ce serait la première fois qu’un prisonnier gréviste de la faim est libéré provisoirement pour des raisons de santé. Les prisonniers qui sont ainsi libérés pour raisons de santé étaient souvent trop malades que pour pouvoir ensuite encore retourner en prison.

Le 16 janvier, le tribunal de Liège rejetait la tierce opposition introduite en décembre par le ministre de la Justice. Le tribunal a estimé que Farid Bamouhammad (photo) a été traité de façon inhumaine en prison, ce qui a laissé des traces psychologiques profondes. On se souviendra que le détenu réputé dangereux, violent et difficile a été transféré 167 fois d'une prison à une autre.

Le ministre Koen Geens vient donc de réagir au maintien de la liberté de l’homme condamné jusqu’en 2027 en déposant une requête d’appel. Il estime que la requête unilatérale déposée en novembre par Farid Bamouhammad n'était pas recevable et que le juge qui a statué au civil le 16 janvier sur tierce opposition n'était pas compétent. Selon le ministre, seul le Tribunal d’application des peines est habilité à statuer dans ce cas.

La défense de Bamouhammad rétorque qu'il n'y a pas d'appel possible, puisqu'entretemps un arrêté royal a été publié. La cour d'appel de Liège pourrait se pencher dès la semaine prochaine sur le dossier.

Le porte-parole du ministre Geens a également souligné que la libération de Bamouhammad n’est que provisoire. Dès qu’il sera guéri, il devra retourner en prison.