Faire contribuer la France à l’enseignement spécialisé?

La ministre de l’Education en Communauté française de Belgique, Joëlle Milquet (CDH), souhaite faire participer la France au financement de l’enseignement spécialisé en Fédération Wallonie-Bruxelles, qui accueille plusieurs milliers d’enfants français. La ministre (photo principale) a déjà eu un contact avec son homologue française Najat Vallaud-Belkacem, afin d’élaborer une convention entre la Fédération et la France. C’est ce qu’elle a indiqué mardi en Commission du Parlement.

Selon des chiffres divulgués mardi par la ministre Joëlle Milquet (CDH), l'enseignement spécialisé - destiné essentiellement aux enfants qui présentent des troubles du comportement ou des apprentissages, des déficiences physiques ou un retard mental - forme actuellement un peu plus de 36.000 élèves en Communauté française (appelée Fédération Wallonie-Bruxelles depuis 2011), dont 4.000 (soit 8%) sont issus d'autres pays européens. Trois quarts de ces enfants étrangers viennent de France.

Certaines écoles d'enseignement spécialisé situées à proximité de la frontière franco-belge sont ainsi majoritairement occupées par de jeunes Français, qui ne bénéficient pas du même niveau d'offre scolaire dans leur pays d’origine. "Quand on sait qu'un élève dans l'enseignement spécialisé coûte 15.000 euros par an, on comprend tout de suite l'impact budgétaire que cela a pour nous", a souligné la ministre de l’Enseignement en réponse à une question de la députée Christie Morraele (PS).

Joëlle Milquet n'a pas précisé dans quels délais elle espérait aboutir à un accord avec la France, qui pourrait donner un peu d'air aux finances de la Fédération, particulièrement mise sous pression.

Cette forte présence de Français dans notre enseignement spécialisé fait penser au cas similaire vécu par l'enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles, lequel accueille aussi un grand nombre d'étudiants français dans ses auditoires.

La Fédération a formulé à plusieurs reprises sa volonté de trouver un accord financier avec la France pour résoudre cette situation qui coûte chaque année plusieurs dizaines de millions d'euros, mais sans résultat jusqu'ici. Joëlle Milquet a donc contacté directement son homologue française.

Universités en Flandre

En Flandre, certaines universités craignent de leur côté un afflux d’étudiants originaires des Pays-Bas, à la suite de la révision du système néerlandais de bourses d’études.

En début de semaine, la ministre flamande de l’Enseignement, Hilde Crevits (CD&V, photo), annonçait d’ailleurs s’être déjà entretenue sur le sujet avec son homologue néerlandaise.