Préaccord entre partenaires sociaux, sans la FGTB

Les partenaires sociaux faisaient rapport ce vendredi après-midi au gouvernement fédéral de leurs négociations sur la marge salariale, la répartition de l’enveloppe bien-être et la mise en œuvre du « mini-accord » de la mi-décembre. Représentants des patrons et des classes moyennes et syndicats - à l’exception de la FGTB - semblent s’entendre sur un préaccord, comme base pour poursuivre la négociation. Le syndicat socialiste a fait savoir qu’il rejetait la proposition de compromis patronale concernant les salaires, les pensions et allocations parce qu’elle prévoit toujours le saut d’index. Le gouvernement semblerait cependant prêt à appliquer l’accord, sans l’adhésion de la FGTB. Celle-ci menace d’actions de protestation.

Plusieurs participants à la concertation sociale ont indiqué ce vendredi après-midi qu’il y avait un "projet d'accord" à propos des salaires, des pensions et des allocations sociales. Les syndicats chrétien et libéral sont prêts à négocier sur les bases du préaccord, mais à condition d’abandonner le saut unique d’index. Le syndicat socialiste FGTB a par contre fait savoir qu'il ne se joindrait pas au préaccord à cause du maintien du saut d’index.

"Nous allons dire au gouvernement les raisons pour lesquelles on ne peut pas s'inscrire dans les propositions des employeurs", a indiqué le secrétaire général du syndicat socialiste, Marc Goblet avant la réunion avec les représentants du gouvernement fédéral, en rappelant son opposition au saut d'index. "Nous allons voir si le gouvernement veut se passer d'un accord de notre part".

Dans les rangs gouvernementaux, la prudence était de mise face à cette opposition de la FGTB. Certains se sont dits toutefois prêts à continuer le travail avec les organisations qui s'inscrivent dans le projet d'accord.

"Je suis convaincu qu'on doit travailler avec les organisations qui sont positives et qui ont conclu un accord", a souligné le ministre de l'Emploi, Kris Peeters (CD&V). Il veut éviter des grèves et affirme que le gouvernement approuvera le préaccord. « Si c’est sans la FGTB, c’est dommage, mais nous devrons continuer avec 8 partenaires au lieu de 10 ». Une opinion que partageait aussi la ministre de la Santé publique, Maggie De Block (Open VLD).

"Je préfère toujours avoir un accord de tous les partenaires sociaux, mais ce n'est pas la première fois que l'on devrait avancer sans l'un ou l'autre des partenaires", a confié pour sa part le vice-Premier ministre Didier Reynders (MR, photo). Le ministre des Affaires Etrangères a réitéré que le saut d'index était décidé.

Quant au ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), il n’a pas encore voulu réagir vendredi après-midi.

Nicolas Maeterlinck

"L’index est essentiel pour nous"

Plus tôt dans la journée, le président de la FGTB, Rudy De Leeuw (photo), avait indiqué à la VRT que le syndicat socialiste rejette le préaccord sur les salaires, les pensions et les allocations tel qu’il est présenté par le patronat et les autres syndicats. Il y rejette avant tout le saut unique d’indexation des salaires prévu.

"Conserver l’indexation des salaires est selon nous d’une importance capitale pour la stabilité sociale et économique du pays. Le système de l’index doit être conservé. C’est essentiel selon nous, à la fois pour les salariés, les fonctionnaires et les bénéficiaires d’allocations. Or, le projet d’accord ne prévoit pas le maintien du système d’indexation. Nous ne pouvons donc pas être d’accord".

Et Rudy De Leeuw de conclure : "Nous estimons ne pas être encore au bout des négociations, mais il est clair qu’il faut prévoir le maintien de l’index avant de pouvoir même négocier une marge salariale".

Le syndicat menace d’élaborer un nouveau plan d’actions de protestation.

Grandes lignes connues

Les grandes lignes du préaccord des partenaires sociaux (hormis la FGTB) sont plus ou moins connues. Une augmentation de 0,5% de la masse salariale est prévue, tout comme une autre enveloppe qui donne jusqu’à 0,3% d’oxygène, par exemple pour une augmentation des chèques-repas.

Toutes les allocations les plus basses (pensions, chômage et invalidité) seront majorées de 2%. Les plus anciennes pensions seront rehaussées de 1%, alors que pour les invalides un réajustement de 160 euros est prévu.

Les allocations de chômage les plus élevées et allocations de maladie seront, elles, majorées de 1,25%.