Le CD&V d’Anvers appelle ses militants à se plaindre de la présence de militaires en rue

Un mail provenant de la section locale du CD&V d’Anvers, invitant ses militants à poster, durant le week-end, des messages sur les réseaux sociaux en se plaignant de la présence de militaires dans les rues, a provoqué la colère du bourgmestre Bart De Wever (N-VA).
Nicolas Maeterlinck

Le CD&V veut que les paras retournent le plus vite possible dans leurs casernes et demande à ses militants, de soutenir cette idée via les réseaux sociaux.

Les militants sont ainsi invités, durant ce week-end, à poster des messages sur Twitter ou Facebook en se plaignant de la présence de militaires dans les rues. Le courriel invitant les militants du parti à agir de la sorte a été envoyé par Ariane Van Doren, la présidente de la section anversoise du CD&V.

"De nombreuses personnes se demandent si ces mesures de sécurité sont encore nécessaire. C’est aussi la question qu’on se pose, en rue, à Anvers. On aimerait beaucoup avoir une évaluation” déclare-t-elle.

La première phrase du mail suggère que l’initiative revient au vice-Premier ministre Kris Peeters. Son cabinet a d’ailleurs déclaré que Kris Peeters était au courant de cette action. Mais l’initiative revient clairement à la section locale du CD&V d’Anvers en collaboration avec le parti national.

"Nous avons eu des contacts avec la direction du parti et avec le cabinet de Kris Peeters car nous partageons le même avis sur la question," a encore déclaré Ariane Van Doren.

Bart De Wever est choqué

La décision de recourir à des militaires pour la protection de certains sites sensibles, en cas de menace terroriste élevée, est pourtant une décision prise par le gouvernement fédéral, dont Kris Peeters est le vice-Premier ministre.

Le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever (N-VA) se dit choqué par l’appel lancé par la section anversoise du CD&V. Il estime que ce parti s’oppose à une mesure qu’il a lui-même approuvée.

"L’image de ville assiégée qui est montrée est évidemment très dommageable. On veut délibérément faire peur aux gens et les décourager de venir à Anvers" explique Bart De Wever. "C’est un jeu politique du plus bas niveau : à savoir utiliser les intérêts d’une ville ou d’une population pour atteindre vos objectifs".