Un enfant sur deux détourne le contrôle parental sur internet

Les parents devraient redoubler de vigilance sur ce que font leurs enfants sur internet. La moitié des enfants de l’enseignement primaire en Communauté flamande parvient facilement à détourner le contrôle parental. C’est en tous cas ce que révèle une enquête du B-CCENTRE, un groupe de recherche de l’université de Louvain (KU Leuven) qui a enquêté sur la cybercriminalité en Belgique au cours des trois dernières années.

Les chercheurs ont demandé à 1.437 élèves de la 3è et 5è primaire s’ils avaient déjà tenté d’échapper à la surveillance de leurs parents lorsqu’ils sont sur internet. 53% des enfants l’ont déjà fait d’une façon ou d’une autre.

50% des enfants interrogés avouent qu’ils surfent sur internet lorsque leurs parents sont absents. Mais près d’un cinquième va même plus loin et utilise une fausse adresse mail, voire un nom d’emprunt que leurs parents ignorent.

Et lorsque les parents sont présents lors d’une session, un enfant sur huit avoue utiliser alors un langage codé pour indiquer que leurs parents surveillent la conversation.

Un enfant sur trois avoue aussi s’être déjà fait passer pour quelqu’un d’autre ou quelqu'un de plus âgé. Mais seule une petite minorité le ferait régulièrement.

"Tout cela semble bien inoffensif, mais certains de ces enfants chattent parfois avec des inconnus" ont constaté les responsables de l’enquête. "Et cela constitue tout de même quelque chose de préoccupant" a déclaré le chercheur Stefan Bogaert.

Mais Stefan Bogaert refuse l’angélisme. "Le fait que les enfants fassent certaines choses en secret, cela fait partie de leur développement. Dans le passé, les enfants agissaient déjà de la sorte, la seule différence c’est qu’aujourd’hui cela se fait via les réseaux sociaux. Et dans cette situation nous ignorons qui est de l’autre côté de l’écran".

Environ 700.000 prédateurs sexuels sévissent sur internet souvent ils visent des enfants. Souvent, ils communiquent avec l'enfant, établissent un lien d'amitié, se faisant même passer pour un enfant de leur âge, ou un grand ami attentif pour soutirer des informations personnelles ou directement leur donner rendez-vous. Il faut donc bien expliquer aux enfants, les dangers qui existent et les sensibiliser à la prudence. Leur apprendre à ne jamais divulguer de renseignements personnels sans l’accord de leurs parents.

D’après l’enquête, les enfants qui se retrouvent souvent seuls, qui vivent dans une famille recomposée ou avec un seul parent, mentent le plus souvent à propos d'internet. Ils profitent de la situation pour échapper au contrôle parental.

L’origine des parents a aussi une influence. Ainsi les enfants dont les parents ont des origines non-européennes échappent plus souvent au contrôle de leur père ou de leur mère, même si les enquêteurs refusent d'en faire une généralité.