Vers de nouvelles actions contre l’austérité

Le conseil général de la CSC a approuvé, à une très courte majorité, le projet d'accord conclu fin janvier par les partenaires sociaux au sein du Groupe des 10. Le syndicat libéral en a fait de même. Le front commun syndical va toutefois élaborer un plan d’actions contre les mesures qui ne sont pas dans l’accord, tels que le saut d’index et le tax shift.

Quelque 52% des délégués du syndicat chrétien ont voté en faveur du projet d'accord qui prévoit notamment une marge salariale de 0,8%. Au total, le camp du "oui" a obtenu 147 voix, 135 délégués votant contre. On dénombre également 17 abstentions.

L'issue du vote est restée incertaine jusqu'au bout, plusieurs centrales régionales ainsi que la LBC ayant rejeté le projet d'accord, et jamais un texte n'aura été avalisé à une si courte majorité du côté du syndicat chrétien.

"Le protocole d'accord a été soumis à l'ensemble des organisations internes", a expliqué le président Marc Leemans. "Les débats ont été très intenses. Les arguments pour et contre étaient les mêmes. De grandes disparités dans les résultats ont été constatées selon les centrales, mais pas particulièrement entre le nord et le sud du pays. Tout le monde est serein car tout le monde se retrouve dans cette position", a-t-il assuré.

De son côté le syndicat libéral a également approuvé le projet d’accord social pour la période 2015-2016. Le fiat de la CGSLB porte sur les trois volets repris dans le projet d'accord social, à savoir la marge salariale de 0,8%, la répartition de l'enveloppe bien-être et la mise en oeuvre du "mini-accord" de la mi-décembre et des mesures sur les fins de carrière.

Des actions contre ce qui n’est pas dans l’accord

Les syndicats réunis en front commun comptent désormais plancher sur un plan d'actions contre "les mesures qui ne se trouvent pas dans l'accord" conclu par les partenaires sociaux. Sont notamment pointé du doigt : le saut d'index, le glissement fiscal (tax shift) ou encore les mesures concernant les chômeurs.

"Nous demandons un changement de cap", a indiqué la secrétaire générale de la CSC Marie-Hélène Ska. "Le protocole d'accord est un pas, mais qui n'enlève rien à nos revendications."

Les priorités de la CSC restent les mêmes, a souligné Mme Ska, au premier rang desquelles la justice fiscale et la "juste contribution de l'ensemble des revenus", la relance économique et la question de l'index. "L'évasion fiscale reste reine en Belgique et en toute impunité alors que les exclusions des allocations sont très faciles. En matière de protection sociale et de services publics, une réduction de 20%, ce n'est plus que de l'austérité, c'est mettre en danger les plus fragiles. Idem dans l'enseignement, où il y a des économies aveugles."

Le syndicat chrétien va désormais se concerter avec ses homologues socialiste et libéral. "Il reviendra aux bureaux des organisations de se prononcer sur la suite", a conclu la secrétaire générale. Quant au type d'actions qui pourraient être entreprises, l'incertitude demeure. "Toutes les actions sont possibles", indique-t-on côté CSC. Notons que les dirigeants du syndicat libéral n'ont pas mandat de s'associer à des actions de grève de grande envergure.