Le “Thalys fantôme” entre Ostende et Paris supprimé

Le gouvernement fédéral a décidé de suspendre au 1er avril prochain le train rapide qui, depuis la fin des années 1990, effectue la liaison entre Ostende et la capitale française une fois par jour, pratiquement vide. Très peu de passagers y montent en effet et la ligne est donc largement déficitaire. Cette suppression devrait permettre d’économiser 7 millions d’euros.

Le train rapide ralliant la reine des plages belges à la capitale française est un EuroCity, à savoir un train international classique qui assure deux voyages par jour entre Bruxelles-Midi et Bâle. Un de ces trains prolonge son voyage à vide, en soirée, jusqu’à Ostende.

Entre Bruxelles et Ostende, il n’embarque aucun passager. Le lendemain matin, ce même train - une locomotive et six wagons- quitte Ostende peu avant midi, de nouveau presque à vide (une moyenne de 4 voyageurs quotidiens), en direction de Bruxelles. Ce train est sans doute nettoyé et entretenu dans un atelier de la SNCB à Ostende, soit un trajet de 230 km aller et retour.

Instaurée en contrepartie d’une liaison wallonne existante entre Namur, Charleroi et Mons, cette ligne entre Ostende et Paris a vu le jour à la fin des années 1990, après avoir été prévue dans l’accord de gestion entre le gouvernement fédéral et la SNCB. Mais elle semble avoir eu peu d’utilité, car avant d’arriver en gare de Bruxelles-Midi elle n’embarque qu’une poignée de passagers.

L’occupation moyenne du train qualifié de "fantôme" est de 7%. Ce qui n’est d’ailleurs pas vraiment une surprise, puisque les billets pour ce train international sont plus chers que pour une liaison normale et en plus il roule légèrement plus lentement. Conséquence : des pertes financières importantes.

Ces dernières doivent être compensées par des subsides du gouvernement fédéral, pour l’équivalent de 1,9 million d’euros par an. Le ministre des Entreprises publiques sortant, Jean-Pascal Labille (PS), avait laissé le dossier à son successeur. Ce dernier vient donc de décider de supprimer le train en déficit entre Ostende et Paris.

Son pendant wallon doit également faire des sacrifices et ne roulera donc plus que vers Mons, sans passer par Namur ni Charleroi. Ces suppressions entraîneront des économies annuelles de l’ordre de 7 millions d’euros.