Elke Sleurs en guerre contre les gros fraudeurs

La Secrétaire d’Etat à la Lutte contre la fraude (photo principale) a dévoilé vendredi une batterie de mesures visant à endiguer la fraude fiscale et le blanchiment d’argent. Elke Sleurs (N-VA) prévoit notamment d’allonger le délai de prescription pour les affaires de fraude. Elle s’est montrée critique face à la politique menée par son prédécesseur, John Crombez (SP.A).

En réaction aux "SwissLeaks", qui ont permis de dévoiler le très grand nombre de comptes détenus par plus de 3.000 Belges auprès de la filiale suisse de la HSBC, la Secrétaire d'état à la lutte contre la fraude, Elke Sleurs (N-VA), a dévoilé vendredi une batterie de mesures pour endiguer la fraude fiscale et le blanchiment d'argent, précisent ce samedi les quotidiens De Tijd, L'Echo et Le Soir.

La Secrétaire d’Etat prévoit notamment d'allonger le délai de prescriptions pour les affaires de fraudes, de donner au ministre de la Justice la possibilité d'utiliser un droit d'injonction positive pour dépêcher une enquête en cas de fraude fiscale, de relier la base de données des autorités fiscales à des bases de données externes, ou encore un contrôle systématique des activités des entreprises.

La secrétaire d'Etat annonce également vouloir protéger les enquêteurs sur des dossiers de fraude contre les intimidations et les menaces, mener des contrôles plus stricts sur les bureaux de changes et octroyer des moyens supplémentaires pour adjoindre à l'administration fiscale de grands avocats dans les affaires de fraude à grande échelle.

Précisant que la Belgique n’est pas une île, Elke Sleurs estime qu’il est essentiel de conclure davantage d’accords au niveau international pour échanger des informations.

Elle critique également la politique menée par son prédécesseur, le Secrétaire d’Etat John Crombez (SP.A). Selon Sleurs, Crombez (photo) n’aurait pas fait de différence entre des cas de fraude délibérée et des erreurs dues à la complexité de la règlementation fiscale. Ce qui aurait "donné l’impression aux simples contribuables qu’ils sont punis sévèrement, alors que les gros fraudeurs ont les mains libres".