Le réacteur Doel 1 débranché après 40 ans

Comme l’impose la loi belge sur la sortie du nucléaire, le premier réacteur de la centrale nucléaire de Flandre orientale a été découplé du réseau électrique dimanche soir, jour de son 40e anniversaire. Le réacteur Doel 2 devrait subir le même sort en décembre. Provisoirement ou définitivement ? La ministre de l’Energie, Christine Marghem, a annoncé que Doel 1 devrait bientôt être remis en service, tout comme Tihange 1.

"Le réacteur 1 de Doel a été découplé du réseau électrique, en toute sécurité, ce dimanche à 22h42", indiquait la porte-parole d’Electrabel, Geetha Keyaert, à la VRT. C’est ce qu’imposait la loi belge sur la sortie du nucléaire, étant donné que le premier réacteur de la centrale de Doel a atteint l’âge de 40 ans ce 15 février.

La question est de savoir si cette fermeture n’est que provisoire, ou si elle sera effectivement définitive. Le fournisseur d’énergie Electrabel envisage les deux scénarios, mais estime qu’il s’agira tout de même plus vraisemblablement d’une fermeture temporaire.

Les partis de la majorité sont en effet partisans d’une prolongation de la durée de vie des plus anciens réacteurs nucléaires du pays, pour une dizaine d’années. Comme l’indiquait le directeur de la branche nucléaire d’Electrabel, Wim de Clercq, à nos confrères de la RTBF, prolonger de 10 ans la vie d’un réacteur nucléaire de 40 ans ne serait pas un cas unique.

Dans le monde, il y a plus de 100 centrales qui ont ainsi été prolongées de 10, voire de 20 ans. "Techniquement, c’est tout à fait faisable", étant donné que Doel 1 et 2 sont encore performantes à l’heure actuelle, précise Wim de Clercq.

Apre discussion financière

Mais pour que Doel 1 puisse être remis en activité, il faut une série de conditions, qui ne seront sans doute pas évidentes à remplir. L’Agence fédérale de contrôle nucléaire doit tout d’abord y donner son feu vert. Ensuite, le carburant est épuisé et une nouvelle loi doit être votée pour permettre la prolongation de la vie des plus vieux réacteurs.

Electrabel indique en outre devoir investir entre 600 et 700 millions d’euros dans les réacteurs 1 et 2 de Doel et veut donc être certain de pouvoir encore les maintenir en activité pendant 10 ans. Et de pouvoir réaliser des bénéfices.

Electrabel demande donc notamment au gouvernement fédéral de réduire la rente nucléaire. Une rude discussion financière s’annonce donc aussi.