"Empêcher que l'on contourne les règles sur le regroupement familial"

De plus en plus de Néerlandais d’origine marocaine ou turque tentent de contourner les règles sur le règlement familial en venant s’établir temporairement en Belgique. Ils bénéficient dès lors des règles européennes plus souples et échappent aux règles strictes en vigueur aux Pays-Bas. Le secrétaire d’Etat à l'Asile et aux Migrations, Theo Francken (N-VA) veut enrayer ce phénomène.

Depuis 2006, la loi sur le regroupement familiale a changé aux Pays-Bas et les exigences pour obtenir un permis de séjour pour le partenaire étranger sont plus strictes. Le couple doit avoir suffisamment de revenus et le partenaire étranger est obligé de passer un examen d’intégration civique avant de pouvoir séjourner aux Pays-Bas.

Pour tenter d’échapper à ces mesures, de nombreux Néerlandais d’origine non-européenne viennent s’établir durant une courte période en Belgique. Non pas parce que les règles y sont plus souples mais parce qu’en tant que citoyens européens ils peuvent demander l’application des règles européennes. Ils peuvent ainsi plus facilement obtenir leurs papiers.

"Dans notre pays, les règles sont les mêmes" explique Theo Francken. "Nous appliquons des règles strictes concernant le regroupement familial avec nos propres citoyens. Mais dès que ces gens vont habiter, par exemple aux Pays-Bas, alors ils relèvent de la législation européenne et échappent à des règles plus strictes. Cela se fait donc dans les deux sens mais le phénomène est beaucoup plus important des Pays-Bas vers la Belgique que de la Belgique vers les Pays-Bas".

Theo Francken observe une augmentation importante du nombre de cas de Néerlandais qui viennent s’installer en Belgique, surtout à Anvers et dans certaines communes frontalières. Le secrétaire d'Etat va s’entretenir à ce sujet la semaine prochaine avec son collègue néerlandais Fred Teeven. Aux Pays-Bas, ce sujet fait aussi beaucoup de bruit.

"Bien sûr, il ne sera pas évident de modifier les directives européennes en matière de regroupement familial mais nous pouvons améliorer les échanges d’informations afin d’identifier les fraudeurs et les personnes connues pour des activités criminelles. La collaboration entre les deux pays peut encore être améliorée", ajoute Theo Francken.