L’enseignement de la seconde chance très prisé

En 5 années de temps, le nombre d’étudiants qui tentent d’obtenir un diplôme de l’enseignement secondaire via cette filiale alternative a doublé, pour passer à plus de 8.000. On constate un rajeunissement des étudiants. La moitié d’entre eux a moins de 25 ans.

L’enseignement de la seconde chance (‘tweedekansonderwijs’ en néerlandais) permet aux adultes dès 18 ans d’obtenir un diplôme de l’enseignement secondaire. Cet enseignement propose des formations professionnelles, des formations techniques et de l’enseignement secondaire général. Il a pour avantage d’être flexible. L’étudiant détermine lui-même le nombre d’heures qu’il va suivre et peut aussi obtenir des dispenses.

Pendant l’année scolaire 2008-2009, quelque 4.006 étudiants suivaient le formation générale dans l’enseignement de la seconde chance. Cinq ans plus tard, en 2013-2014, ces étudiants étaient déjà au nombre de 8.167 - soit le double, souligne le quotidien De Standaard. Il s’est basé sur les chiffres donnés par la ministre flamande de l’Enseignement, Hilde Crevits (CD&V), en réponse à une question de la parlementaire écologiste Elisabeth Meuleman (Groen).

Ce qui frappe encore davantage, c’est l’âge moyen des étudiants dans le réseau de la seconde chance. Plus de la moitié d’entre eux ont en effet moins de 25 ans. Ce qui veut dire qu’ils n’ont pas quitté depuis longtemps les bancs scolaires.

La députée Elisabeth Meuleman y voit une augmentation du problème de décrochage ou de lassitude scolaires. "La politique de l’enseignement attache trop peu d’importance à ce phénomène. Nous demandons à la ministre Crevits de s’attaquer d’urgence au problème du décrochage scolaire. Il n’est pas acceptable que 12% des jeunes quittent l’école sans avoir un diplôme de fin d’études. Nous demandons un plan d’action avec des objectifs concrets, pour veiller à ce que davantage de jeunes trouvent leur voie à l’école secondaire".

Le quotidien De Standaard propose aussi quelques explications à cette croissance du nombre de jeunes étudiants dans l’enseignement de la seconde chance. Tout d’abord, de nouveaux centres qui dispensent ce type d’enseignement ont été créés ces dernières années. Ils travaillent en collaboration avec le VDAB, l’office flamand pour l’emploi, ce qui a attiré un nouveau type de public.

D’autre part, on voit aussi croître le nombre d’étudiants qui obtiennent un diplôme d’enseignement secondaire via le "jury central", une filière alternative d’épreuves.

Eviter les "étudiants éternels"

La ministre flamande de l’Enseignement, Hilde Crevits (CD&V), souhaite que les résultats des étudiants dans l’enseignement supérieur soient mieux recensés et suivis. A l’heure actuelle, près de 25% des étudiants arrêtent leurs études après un an ou deux, sans avoir obtenu de diplôme. Le gouvernement veut y remédier, en facilitant un soutien à l’étudiant.

Mais, à l’opposé, les étudiants qui ont obtenu moins de 60% des points pourront se voir imposer certaines conditions pour pouvoir poursuivre, comme des cours de rattrapage ou un certain pourcentage de réussite la deuxième année.

Le but est aussi de limiter les possibilités pour un étudiant de recommencer dans une autre université ou institution d’enseignement supérieur un cycle d’étude qu’il ne serait pas parvenu à terminer ailleurs. Une réorientation lui sera plus rapidement imposée, afin d’éviter que certains étudiants ne prolongent éternellement leurs études supérieures.

La ministre Crevits (photo) œuvre donc au développement d’une bande de données dans laquelle les universités et écoles supérieures pourront voir quelles études un candidat a déjà suivies et quels résultats il a obtenu.