Banques et assurances devront contribuer au budget d’Etat

Le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) a préparé une proposition qui a déjà reçu le feu vert de plusieurs cabinets et doit être adoptée formellement vendredi par le conseil des ministres. Elle vise à instaurer une nouvelle taxe pour les banques et assurances, qui devront verser cette année 100 millions d’euros au budget de l’Etat.
AP2014

"Il y a de bonnes raisons de demander aux banques une contribution", estime Johan Van Overtveldt. "Il est logique, après que le contribuable les ait sauvées, qu’elles apportent à présent aussi leur contribution", poursuit le ministre fédéral des Finances (photo).

Pendant la crise financière, le gouvernement belge a investi 28 milliards d’euros pour sauver les banques. Mais celles-ci devaient rembourser cette aide une fois qu’elles se porteraient mieux. Depuis lors, elles ont déjà été plus lourdement taxées.

Le gouvernement fédéral avait tenté une première fois, à la fin de 2014, de mettre en place une taxe bancaire. Après les critiques de l'opposition, il avait été décidé que le ministre des Finances devrait présenter une nouvelle mouture de sa proposition. C’est chose faite.

Les banques verront leurs avantages fiscaux réduits. La déduction de leurs intérêts notionnels sera notamment réduite. Le gouvernement attend 100 millions d'euros cette année (75 des banques et 25 des assurances), et jusqu’à 150 millions d’euros à partir de l'an prochain.

Banques : "La limite est atteinte"

Grâce à la nouvelle taxe, les banques devront verser un milliard d’euros supplémentaire en contributions spéciales. Elles estiment cependant que c’est trop leur demander. La fédération belge du secteur financier, Febelfin, affirme que la limite est atteinte.

"L’an dernier déjà, nous avons versé 950 millions d’euros, auxquels vont maintenant s’ajouter 75 millions d’euros pour cette année. Et à partir de l’an prochain nous devrons aussi verser 350 millions d’euros dans un Fonds européen. Environ 1,4 milliard d’euros sur base annuelle, c’est énorme", déclarait Michel Vermaercke (photo), administrateur délégué, dans l’émission "De Ochtend" (VRT) ce mardi matin.

"Ceci va peser sur la rentabilité des banques, certainement pour les banques qui dépendent beaucoup de dépôts. D’autre part, le secteur bancaire belge contribue le plus au trésor public, en comparaison avec ce qui se passe dans le reste de l’Europe". Febelfin espère pouvoir avoir un "dialogue constructif" avec le ministre des Finances, pour préserver un secteur financier viable et durable.