Vers un compromis belge sur les prépensions

Les ministres du gouvernement fédéral sont réunis ce vendredi pour prendre une décision au sujet de l’assouplissement de la réforme des pensions suggéré par les partenaires sociaux. Pour les vice-premiers ministres Jan Jambon (N-VA) et Kris Peeters (CD&V), un compris est possible. Mais aux yeux des syndicats, l’accord du Groupe des dix est à prendre ou à laisser.

Au sein du Groupe des Dix, patrons et syndicats se sont mis d’accord pour adoucir le statut des prépensionnés. Concrètement, le préaccord trouvé prévoit d’assouplir la mesure du gouvernement en vigueur depuis le 1er janvier. Depuis cette date, les prépensionnés de moins de 60 ans doivent rester disponibles sur le marché de l’emploi jusqu’à 65 ans. L’accord du Groupe des Dix est moins stricte et prévoit que les personnes qui sont déjà en préretraite ne peuvent plus être appelées. Un deuxième volet prévoit aussi d’abandonner la notion de disponibilité active au profit d’une disponibilité passive. Une mesure qui passe mal au niveau du gouvernement fédéral.

Ces derniers jours, les syndicats ont fait savoir que l’accord est à prendre ou à laisser. Une pluie de préavis de grève a déferlé durant toute la journée de jeudi. Dès ce lundi, des actions pourraient déjà être menées par endroits.

"Des compromis sont toujours possibles"

A son arrivée au comité ministériel restreint, le vice-Premier ministre Jan Jambon a déclaré que "des compromis étaient toujours possibles". "Il faut voir comment concilier l'accord obtenu entre partenaires sociaux et l’accord de gouvernement", a-t-il précisé.

"On va tout faire pour trouver une solution. Il y a légitimement beaucoup d'inquiétude. Il va falloir examiner quelle réponse apporter. Le mieux serait d'aboutir aujourd'hui car il y a beaucoup de tensions et d'émotions", a de son côté commenté le ministre de l’Emploi Kris Peeters avant la réunion.

L’opposition pour l’application de l’accord

Hier, l'opposition a exhorté le gouvernement à appliquer l'accord du Groupe des Dix. "Si vous n'acceptez pas, vous devrez faire attention: vous apparaîtrez comme quelqu'un de très sympathique mais qui ne peut pas faire respecter un accord entre partenaires sociaux. Et votre gouvernement sera responsable de la tension sociale qui monte sur le terrain", a lancé la cheffe de groupe PS, Laurette Onkelinx, à M. Peeters.

Les écologistes ont mis en garde le Premier ministre contre l'influence de la N-VA, que l'on dit peu encline à accepter tel quel l'accord conclu dans le groupe des 10. "Est-ce à vous que je dois poser cette question ou à M. De Wever, qui n'est jamais présent dans cet hémicycle", a demandé Georges Gilkinet (Ecolo). "Les pyromanes et les fauteurs de trouble sont dans votre gouvernement: ils s'appellent N-VA", a renchéri Kistof Calvo (Groen).