Les prépensions divisent toujours gouvernement et syndicats

La FGTB et la CGSLB ont rejeté les modifications apportées par le gouvernement au compromis du Groupe des 10 relatif à la disponibilité des chômeurs âgés et des prépensionnés. De son côté, la CSC réclame des clarifications au gouvernement. Si le ministre de l’Emploi Kris Peeters a annoncé être prêt à fournir des explications, le président de la N-VA, Bart De Wever, s'est montré catégorique, assurant que le gouvernement resterait inflexible sur la réforme qu'il a approuvée.

Hier, la FGTB a annoncé qu’elle allait rencontrer les autres syndicats pour préparer un plan d'actions, après avoir constaté des modifications "inacceptables" de la part du gouvernement.

"Le compromis au sein du Groupe des 10 constituait déjà un équilibre difficile", a souligné le secrétaire général Marc Goblet. "En outre, modifier la disponibilité en fin de carrière est une boîte de Pandore pour les travailleurs qui n'auront plus aucune sécurité. Enfin, on ne peut accepter qu'on parle de garantie de la paix sociale alors que le gouvernement ne tient pas compte de la position des partenaires sociaux."

Le secrétaire général de la FGTB déplore que le gouvernement ne se soit pas "interrogé sur l'emploi des jeunes et des moins jeunes, ce qui nous mènera à un cataclysme social. Le gouvernement considère l'accord comme un simple avis, il remet en cause le modèle de concertation belge en vigueur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et crée des tensions sociales. Il fonctionne à l'idéologie plutôt que de chercher la concertation et humilie les travailleurs."

Ce mardi, la CGSLB a également rejeté les modifications voulues par le gouvernement. "La notion de disponibilité adaptée qui a été inventée est impossible à définir et sera une source importante d'insécurité juridique", estime le syndicat. Ce dernier regrette "vivement un choix qui porte gravement atteinte à la concertation et met inévitablement en danger la paix sociale".

De son côté, la CSC "s'en tient à l'accord conclu avec les employeurs au sein du Groupe des 10 sur la disponibilité", a annoncé mardi son président Marc Leemans à l'issue d'une réunion de concertation. Le syndicat réclame des clarifications sur la disponibilité adaptée ainsi qu'une évaluation dès 2016 "pour avoir plus de marge de négociation pour 2017-2018".

"Les travailleurs sont très inquiets car personne ne sait ce que signifie disponibilité adaptée", a indiqué M. Leemans. En ce qui concerne l'allongement à 62 ans de la disponibilité des travailleurs de la construction et des métiers pénibles à partir de 2017, le président de la CSC estime que "c'est très compliqué". "On veut continuer à un certain rythme, mais un rythme déterminé dans la concertation sociale."

La CSC n'a donc pas expressément "rejeté" les modifications. Elle attend néanmoins "une ouverture", notamment sur la question de l'allongement à 62 ans, sous peine d'entrer dans une logique de "confrontation".

Peeters disposé à clarifier la situation, De Wever reste catégorique

Le ministre de l'Economie et de l'Emploi, Kris Peeters, s'est dit disposé à fournir des "explications" sur la "concrétisation" de la réforme du régime de chômage avec complément d'entreprise qui prévoit une disponibilité adaptée des futurs prépensionnés sur le marché du travail. Une modification de l'accord du gouvernement sur cette réforme n'est cependant "pas à l'ordre du jour", a-t-il précisé, même s'il s'est dit prêt à envisager que l'évaluation de la réforme intervienne plus tôt que ce qu'a prévu le gouvernement.

Le ministre de l'Emploi entend fournir demain mercredi les éclaircissements nécessaires au groupe des 10. Il souligne qu'il devra également rencontrer les représentants des Régions et des offices régionaux de l'Emploi, son objectif étant d'aboutir à un "cadre normatif" harmonisé pour l'ensemble du pays.

Différents arrêté royaux seront préparés afin, notamment, de détailler la notion de disponibilité adaptée. Cette phase de concrétisation permet encore une certaine marge, le vice-Premier ministre CD&V endossant la seule responsabilité de ces arrêtés qui ne devront pas être délibérés en Conseil des ministres. Par ailleurs, les arrêtés seront également soumis au Comité de gestion de l'ONEm où siègent les partenaires sociaux.

Mais de son côté, le président de la N-VA, Bart De Wever, s'est déjà montré catégorique, assurant que le gouvernement resterait inflexible sur la réforme qu'il a approuvée. "Mais Bart De Wever est président de parti, il n'est pas membre de ce gouvernement. Il n'a pas négocié la réforme. Il va falloir l'examiner avec tout le respect qu'il convient d'accorder au groupe des dix, sans polarisation", a réagi M. Peeters.