Le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration explose

L’Institut pour un développement durable (IDD) constate une explosion du nombre de bénéficiaires (+21%) et des dépenses (+25%) en matière de revenu d’intégration sociale au cours des cinq dernières années. Il estime que cette évolution s’aggravera encore ces prochaines années à cause des politiques d’exclusion du chômage décidées par le gouvernement fédéral. Les charges sont en effet de plus en plus reportées sur les communes. La situation serait particulièrement inquiétante en Wallonie.

L'étude réalisée par l’Institut pour un développement durable - placé sous la direction de Philippe Defeyt, qui est par ailleurs président Ecolo du CPAS de Namur - prévoit qu'en 2015, la Wallonie accueillera la moitié (48%) des bénéficiaires et des dépenses du revenu d’intégration sociale (RIS), soit quelque 55.400 personnes sur un total de 115.400, et un montant de 455 millions d'euros sur un total de 939 millions d'euros.

Le phénomène est aggravé dans le sud du pays par les dernières décisions fédérales sur l'exclusion du revenu d'insertion frappant deux tiers des bénéficiaires wallons. L'augmentation du nombre de bénéficiaires du RIS est cependant escomptée dans les trois Régions et on constate qu'avec 27.200 personnes, la Flandre dépassera son plus haut niveau de 2010, sur les cinq dernières années. A Bruxelles, on s'attend à 32.800 bénéficiaires en 2015, une situation également en forte hausse.

Les dépenses de revenu d’intégration sociale - autrefois appelé minimum de moyens d'existence (minimex) explosent globalement, passant de 843 millions d'euros en 2014 à 939 millions d'euros en 2015. Cette situation résulte des politiques d'exclusion et de la double liaison au bien-être (2 fois 2%) des montants du RIS.

L'Etat fédéral a augmenté les taux de remboursement du RIS en 2014, mais en 2015 on s'attend à une facture salée pour les centres publics d’aide sociale (CPAS), étant donné le surcoût des dernières mesures fédérales d'exclusion. Selon l'IDD, il faut s'attendre à une hausse de 11,3 millions d'euros (+8,8%) en Wallonie.

Rien que la fin des allocations d'insertion augmentera les dépenses de 8,14 millions d'euros par tranche de 1.000 bénéficiaires supplémentaires, dont 2,37 millions d'euros à charge des communes, a calculé l'IDD. La hausse est d'1,72 million d'euros rien qu'en Wallonie.

Dans ses promesses d'intervention, le gouvernement fédéral a réservé une enveloppe de 19,95 millions d'euros. Selon l'étude de Philippe Defeyt, cette enveloppe sera cependant épuisée parce qu'il y aura au moins 8.400 bénéficiaires du RIS après la perte de leur revenu d'insertion. On estime à 18.000 le nombre d'exclus des allocations d'insertion au début 2015. Tous n'ont cependant pas droit au RIS.