Commémoration des victimes de l’accident de Sierre

Une commémoration avait lieu à l’école Sint-Lambertus de Heverlee (Brabant flamand) ce vendredi matin, trois ans exactement après le tragique accident d’autocar survenu dans un tunnel à Sierre, en Suisse, qui a ravi la vie à 22 élèves d’écoles de Heverlee et Lommel et à 6 adultes, qui rentraient d’un séjour de ski. Le Premier ministre Charles Michel assistera à une cérémonie de commémoration, ce vendredi après-midi à Sierre, pendant laquelle une stèle sera inaugurée.

Dans la nuit du 12 au 13 mars 2012, un autocar transportant des élèves de 6e primaire des écoles ‘t Stekske à Lommel (province du Limbourg) et Sint-Lambertus à Heverlee (Brabant flamand) qui rentraient d’un séjour de ski dans les Alpes suisses percutait la paroi d’un tunnel sur l’autoroute A9, à Sierre dans le Valais. L’accident tragique faisait 28 morts - dont 22 enfants et 6 adultes -, et 24 blessés. Le car transportait 52 occupants.

Ce vendredi matin, avant le début des cours, un moment de recueillement a été organisé sur la place devant l’école Sint-Lambertus de Heverlee, à la mémoire des victimes. "Vingt-huit ballons ont été lâchés dans les airs (photo), comme symbole. Nous voulons dire que la vie continue, mais que les victimes restent à jamais dans nos cœurs", expliquait le doyen Dirk De Gendt.

Une stèle commémorative (photo ci-dessous) a été inaugurée à Heverlee. A l’école ‘t Stekske de Lommel, un moment de recueillement était également organisé ce vendredi.

A Sierre, en Suisse, une cérémonie commémorative sera célébrée en fin d’après-midi, en présence du Premier ministre belge Charles Michel (MR) et des proches des victimes.

Trois ans après l’accident meurtrier, les causes exactes de l’accident n’ont pu être déterminées par l’enquête suisse. Fin juin 2014, la justice suisse annonçait cependant le classement de la procédure ouverte après le drame. L’accident a été suivi de multiples investigations, d’auditions et d’expertises techniques et médicales. La cause exacte de la tragédie n’a cependant pu être établie, même s’il s’est avéré qu’elle était liée avec le chauffeur décédé.

Une fondation pour faire poursuivre l’enquête

Une fondation a été mise sur pied tout récemment pour « récolter des fonds en vue de la poursuite d'une enquête indépendante sur les circonstances véritables de la catastrophe qui a coûté la vie à nos enfants", expliquait Paul Schilders dont le fils Luc, âgé de 11 ans, a péri le 13 mars 2012 dans le tragique accident de car à Sierre.

"Une série d'aspects cruciaux comme la trajectoire étrange effectuée par le car pendant les derniers mètres et l'utilisation par le chauffeur d'antidépresseurs n'ont pas été suffisamment pris en compte par les autorités helvétiques", selon le site internet de la fondation www.stichtingbusrampsierre.nl. La fondation de droit néerlandais est qualifiée d'utilité publique.

Les époux Schilders ont par ailleurs fait exécuter avec quelques autres couples une reconstitution de l'accident par un bureau d'enquête internationale indépendant au mois de juillet dernier. Les parents entendent poursuivre la procédure afin d'élucider l'affaire. La justice suisse a en effet annoncé le classement de l'affaire en juin dernier, les circonstances de l'accident ne pouvant être déterminées.

"Nous avons une objection avec la décision prise par la justice de Sion de clore l'enquête (...) alors qu'elle dispose d'un délai de 7 ans pour cela", explique Paul Schilders. En cas de réponse négative, "nous introduirons un pourvoi devant la Cour européenne des Droits de l'Homme car nous avons droit à une enquête approfondie sur tous les aspects de la catastrophe qui a coûté la vie à nos enfants", poursuit le père de famille qui assistera avec son épouse et son fils aîné aux commémorations de ce vendredi.