Les microcrédits ont le vent en poupe

Un nombre croissant de petits entrepreneurs bénéficient d’un microcrédit. Il s’agit d’un emprunt restreint, d’un montant moyen de 8.000 euros. Diverses organisations sociales belges - plutôt que des banques - ont ainsi aidé l’an dernier quelque 650 personnes à lancer ou agrandir leur entreprise.

Prenons un exemple concret, celui de Brook Waters, qui a sollicité un microcrédit pour sa petite entreprise de divertissement. Il a développé un jeu d’évasion et l’a introduit aussi à Anvers. Le jeu consiste à enfermer les participants dans une pièce et à ne leur permettre d’en ressortir que s’ils sont parvenus à élucider un mystère.

Ce jeu a eu du succès, ce qui a obligé Waters à agrandir son entreprise. Mais il a eu des difficultés à trouver les moyens financiers de le faire, les banques refusant de l’aider. Finalement, il s’est adressé à l’organisation MicroStart (photo), qui octroie des microcrédits.

"C’est nettement plus rapide et plus efficace", explique Brook Waters. "Si je me souviens bien, j’ai déposé mon projet un jeudi et quatre jours plus tard l’argent avait déjà été versé sur mon compte en banque". Le désavantage est que les taux d’intérêt sont plus élevés, mais on peut en revanche rembourser l’emprunt plus rapidement que prévu sans frais supplémentaires. L’association Hefboom cofinance également ce projet.

Pour donner davantage de visibilité aux emprunts à petite échelle, MicroStart organise du 16 au 20 mars une Semaine du microcrédit.

Un bon plan financier

Les microcrédits soutiennent notamment les petits entrepreneurs débutants qui ne peuvent s’adresser à une banque. "Les raisons peuvent en être multiples", explique Karen Bluekens, consultante crédit de l’association Hefboom. "Ils sont trop jeunes ou trop vieux. Ils n’ont pas de revenus propres, ou ils travaillent dans des secteurs difficiles, comme la restauration".

Le candidat à un microcrédit doit déposer un bon plan financier pour son projet, mais peut recevoir aussi pour cela l’aide de l’association. "S’ils reçoivent une analyse positive de leur projet, ils reçoivent chez nous un microcrédit", explique Bluekens. Cette aide peut monter jusqu’à 20.000 euros.

L’association Hefboom trouve l’argent pour moitié auprès de ses coopérants. "Il s’agit de personnes qui veulent investir dans une économie durable. On peut acheter des actions chez Hefboom, à partir de 250 euros pièce". L’autre moitié de l’argent pour les microcrédits provient de l’entreprise publique Société flamande de participation (Participatiemaatschappij Vlaanderen).

Taux d’intérêt standard à 6%

L’association Hefboom possède actuellement une centaine de microcrédits en cours. "Nos clients sont très différents : des coiffeurs, esthéticiennes, boulangers, gérants de cafés, photographes ou réalisateurs de projets en 3D. L’éventail est très large".

Le taux d’intérêt standard est de 6%, ce qui est assez élevé. "Cela demande pas mal de main-d’œuvre et représente un risque accru. Dans d’autres pays, le taux d’intérêt peut monter jusqu’à 15% pour être rentable".

Si un bénéficiaire ne parvient pas à rendre son projet rentable, et à gagner ainsi suffisamment d’argent que pour pouvoir rembourser le microcrédit, l’association Hefboom recherche avec lui des solutions, afin que l’emprunt puisse tout de même être remboursé.