Une mineure passe la nuit en prison : le parquet ordonne une enquête

Le parquet d’Anvers a ordonné une enquête auprès des médecins et des hôpitaux qui ont refusé, lundi, de prendre en charge une jeune fille de 17 ans atteinte de troubles psychiatriques. Suite à ce refus la jeune fille a dû passer la nuit en cellule à la police d’Anvers.

La jeune fille qui avait subi un traumatisme grave dans l’enfance était soignée en pédopsychiatrie à l’hôpital Sint-Erasmus à Anvers.

L’adolescente avait ensuite été transférée du service de psychiatrie aux urgences de l’hôpital du Stuivenberg à Anvers. Mais pour les médecins, elle ne pouvait y rester et ils n’ont rien trouvé d’autre que de la transférer lundi en ambulance au tribunal de la jeunesse.

La jeune fille a alors supplié de ne pas être mise en cellule. Le juge de la jeunesse a même envisagé avec le greffier et des policiers de lui faire passer la nuit au tribunal.

"Mais la police a déclaré que le risque pour sa sécurité était trop grand" a déclaré le juge de la jeunesse Christian Denoyelle à la VRT. La jeune fille portait des traces d’automutilation.

La jeune fille a finalement passé la nuit en cellule au commissariat de police avant d’être reconduite, ce mardi matin, au tribunal en attente d’une place dans une institution.

Le parquet a ouvert une enquête sur la façon dont les médecins ont agi au service de psychiatrie et aux urgences.

"Nous trouvons vraiment navrant la manière dont des médecins ont déposé cette adolescente de 17 ans, très frêle avec son ours en peluche au tribunal", a déclaré le porte-parole de parquet Ken Witpas. On examine à présent si les médecins n’ont pas commis une faute grave et/ou ont refusé de porter assistance à une personne en danger.

De son côté l’hôpital psychiatrique Stuivenberg d’Anvers affirme avoir agi selon les procédures.

Vandeurzen regrette

Le ministre flamand du Bien-être Jo Vandeurzen (CD&V) a déclaré à la VRT qu’il regrettait ce qui s’était passé. Il ajoute qu’il a pris contact avec sa collègue fédérale de la Santé Maggie De Block afin d’analyser la situation. Quant à la jeune fille, elle pourra être accueillie dans une institution de la Communauté flamande pour faire un time-out en psychiatrie.

Ce n’est pas le premier cas qui pose problème et le ministre Vandeurzen se demande si la pédopsychiatrie a été suffisamment réorganisée afin de pouvoir faire face à la demande.