Les villes flamandes, attrayantes mais inabordables

Les 13 "villes centres" de Flandre se portent globalement bien : le nombre de citadins ne cesse de croître et leur caractère attrayant s'améliore. Les logements deviennent toutefois de plus en plus chers, menant ainsi de nombreux habitants à y consacrer jusqu'à un tiers de leurs revenus. C'est ce qui ressort du Moniteur publié tous les quatre ans par le gouvernement flamand.

Les villes centres (centrumsteden) ont été désignées par les autorités flamandes dans le cadre de leur gestion des villes. Contrairement à ce que l’on peut penser, elles ne représentent pas les villes ayant le plus d’habitants, mais bien celles qui exercent une fonction centrale pour leur entourage, notamment au niveau de l’emploi, des soins de santé, de l’enseignement et de la culture. Les treize villes centres de Flandre sont Alost, Anvers, Bruges, Genk, Gand Hasselt, Courtrai, Louvain, Malines, Ostende, Roulers, Saint-Nicolas et Turnhout.

Les étrangers participent à l’ouverture des habitants

Ces dernières années, la grande majorité de ces villes ont énormément investi au niveau de leur attraction et de leur qualité de vie. La plupart d’entre elles connaissent d’ailleurs une croissance du nombre d’habitants. L’équilibre socio-économique reste toutefois un important défi pour l’avenir.

Une partie non négligeable des nouveaux citadins sont originaires de pays étrangers. Ce contact des habitants locaux avec ces derniers a un effet positif sur le sentiment d’ouverture et de tolérance, principalement à Louvain, Genk, Gand et Anvers. La cohabitation ne se déroule toutefois pas toujours sans anicroches. 

Des villes "branchées"

Le nombre d’enfants et de jeunes adultes est également à la hausse dans les treize villes centrales de Flandre. Ces dernières sont en effet de plus en plus considérées comme étant branchées. Elles attirent ainsi davantage de jeunes familles notamment. Sans grande surprise, c’est surtout le cas dans les villes universitaires de Gand et de Louvain. Environ la moitié des étudiants y restent après leurs études pour y fonder une famille. Dans les deux villes, ainsi qu’à Anvers, les intentions de déménager sont toutefois au plus haut.

Ce dernier facteur pose problème au niveau de l’équilibre socio-économique, les personnes qui décident de partir étant souvent des familles ayant un profil socio-économique fort. Les raisons de leur départ sont souvent liées au manque de sécurité routière dans leur quartier.

Pic du prix du logement

Outre quelques bonnes nouvelles, le moniteur des autorités flamandes dévoile également des horizons moins joyeux. Le prix de l’immobilier ne cesse en effet d’augmenter dans les treize villes en question. Ainsi, un appartement à Gand, Malines, Alost et Louvain coûte aujourd’hui deux fois plus cher qu’en 2003. Ailleurs, une importante hausse est également enregistrée. Ainsi, un propriétaire sur trois et près de la moitié des locataires consacrent un tiers de leurs revenus à leur logement.

Autre aspect négatif : la mobilité. Les transports en commun sont souvent pointés du doigt, principalement au niveau de l’offre et du nombre d’arrêts. Les problèmes d’embouteillage provoquent également une grande insatisfaction des habitants. Seul bon point : les trottoirs et les pistes-cyclables, appréciés pour leur qualité.

D’énormes différences entre certaines villes

Le moniteur révèle de nombreuses dissemblances à différents niveaux. C’est notamment le cas pour l’aspect environnemental, mais aussi et surtout au niveau de la pauvreté, principalement à Genk et à Anvers.

Face à la constatation de ces écarts, la ministre flamande des Affaires intérieures Liesbeth Homans (N-VA) plaide pour une autonomie accrue des villes. D’après elle, les 13 villes centres sont les mieux placées pour établir les nécessités qui leur sont prioritaires. "Les autorités flamandes ne doivent pas intervenir de façon intimidante, mais bien en proposant un soutien".

Une nouvelle commission sera dans ce cadre bientôt créée pour établir une liste de compétences pouvant être transférées de la Flandre vers les villes-centres.