"Je devrai encore travailler 18 ans au lieu de 8"

A l’appel du front commun syndical des services publics, quelque 5.000 personnes se sont rassemblées ce jeudi matin sur la Place de la Monnaie à Bruxelles, pour protester contre les mesures d’économies et celles concernant les pensions prises par les gouvernements fédéral et des entités fédérées. "Nous ressentons très fort ces mesures", déclaraient des participants à cette "concentration de militants".

La Place de la Monnaie, au centre de Bruxelles, arborait ce jeudi matin les couleurs rouge, bleu et vert des quelque 5.000 personnes qui avaient répondu à l’appel du front commun syndical des services publics. Ils protestaient contre les mesures d’économies et celles concernant les pensions, décidées notamment par le gouvernement flamand de Geert Bourgeois et fédéral de Charles Michel.

"Nous ressentons très fort ces mesures d’austérité", expliquait l’un des manifestants. "Les travailleurs qui prennent leur pension et les personnes qui sont en congé de maladie prolongé ne sont pas remplacés, ce qui fait monter la pression de travail. Les gens souffrent plus rapidement de burnout. C’est un cercle vicieux".

Certains avaient des raisons très personnelles pour manifester ce jeudi. "Je croyais que je devais encore travailler 8 ans dans l’enseignement, mais subitement ce sont 18 ans de travail qu’il me reste", expliquait un enseignant. "C’est très difficile à admettre".

Les syndicats réclament une concertation

Vers 11h, des témoignages de travailleurs ont précédé les discours de leaders syndicaux de la CGSP (socialiste), FSCSP (chrétien) et SLFP (libéral). Les syndicats des services publics entendent "protester contre les mesures des différents gouvernements qui touchent non seulement le personnel mais aussi les usagers du service public, et ce sans concertation sociale sérieuse", avaient-ils annoncé dans un communiqué en prélude à la "concentration de militants".

Lors de la précédente concentration syndicale, les syndicats du privé avaient appelé à se joindre à la mobilisation des services publics de ce jeudi. La FGTB-Métal notamment a répondu à l'appel et a annoncé une présence massive de ses membres. Des délégués des secteurs de la santé, des administrations publiques ou encore de la police ont également témoigné de la situation dans leurs secteurs.

Chris Reniers (photo) du syndicat socialiste estime qu’il n’y a pas eu de concertation sur la réforme des pensions. "Après six mois de négociations, il n’y a toujours rien de concret. Il est temps que nous soyons entendus". Elle dénonce les petites décisions prises par le gouvernement, qui n’ont, selon elle, qu’un impact négatif. "Menons un débat global au sein de la Conférence nationale des pensions".

"Le gouvernement poursuit ses projets d’économies, alors qu’il devrait y avoir une concertation sociale responsable", estime aussi Luc Hamelinck du syndicat chrétien. "Le gouvernement ne regarde que les chiffres, et pas les conséquences pour les travailleurs".