"Cela n’a rien à voir avec du racisme"

Le directeur du Centre pour l'égalité des chances, Josef De Witte a pris la défense du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) critiqué à l’étranger pour sa participation à un défilé grimé en "Noiraud", un personnage du folklore bruxellois. "Cela n’a absolument rien à voir avec du racisme" a-t-il déclaré dans une interview au quotidien De Morgen.

La Belgique a été accusée jeudi sur les réseaux sociaux et par Human Rights Watch (HRW) de ne pas avoir soldé son passé colonial, après que le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, se fut grimé en "Noiraud", un personnage du folklore bruxellois censé représenter un roi africain, lors d'une manifestation caritative.

La polémique est née de la diffusion mercredi matin par la télévision française France 2 (Télématin) d'un reportage sur le "défilé des Noirauds", auquel participait samedi le ministre des Affaires étrangères.

Les membres de ce groupe fondé en 1876 déambulaient, comme chaque année en période de carnaval, dans le centre de Bruxelles pour récolter dans les restaurants des fonds destinés à l'enfance défavorisée. Afin de ne pas être reconnus, ils ont le visage teint au cirage et sont vêtus d'un haut-de-forme blanc, d'un habit noir et de pantalons bouffants de couleur vive. Pour l'occasion, la statue de Manneken Pis, symbole de la ville, porte elle aussi un costume de "Noiraud".

Suite à la diffusion de ce reportage Didier Reynders a été accusé de comportement raciste sur des blogs et des réseaux sociaux et la Belgique de ne pas avoir soldé son passé colonial par Human Rights Watch (HRW).

Le correspondant à Bruxelles de France 2, François Beaudonnet, s'interrogeait: "Qu'une personnalité politique de premier plan puisse se promener grimé de la sorte et se mettre en scène à la manière d'un chef de tribu africaine a de quoi étonner, n'est-ce pas? ". "S'agit-il d'une belle tradition généreuse ou de folklore aux relents colonialistes? ", ajoutait-il dans une référence au statut de puissance coloniale que fut la Belgique au Congo, au Rwanda et au Burundi, jusqu'au début des années 1960.

Jozef De Witte ( petite photo) parle lui d’une "réaction démesurée depuis l’étranger. Si nous regardons ce qui se passe dans un pays avec le regard d’un autre pays nous sommes souvent surpris voire indignés. Dans le cas présent c’est un déguisement, les riches se sont grimés afin de ne pas être reconnus. Si nous vivions dans un pays à majorité noire, ils se seraient déguisés en blancs."

Le directeur du Centre pour l'égalité des chances estime que les critiques n’ont pas tenu compte du contexte. "Lorsqu’on retire de tels évènements de leur contexte, on fait de la manipulation. Alors tout est raciste. Vous pouvez être contre ce type de tradition mais cela n’a rien à voir avec du racisme", a-t-il déclaré.