Cinquante euthanasies par an pour raisons psychiatriques

"Tant en 2013 qu'en 2014, une cinquantaine de personnes ont été euthanasiées en Belgique pour des raisons psychiatriques", indique vendredi le professeur de l'UZ Brussel Wim Distelmans, président la commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie, dans le magazine flamand Humo. "Ce n'est pas une quantité négligeable", estime-t-il.

"Les patients maniaco-dépressifs sont, dans leur phase maniaque, capables des choses les plus improbables", selon Wim Distelmans.

"Ils peuvent vider leur compte en banque, partir en week-end dans un hôtel cinq étoiles ou encore acheter plusieurs voitures en une seule journée. A ce moment-là, ils ne sont pas conscients de leurs actes. Lorsqu'arrive la phase dépressive, ils sont pris d'un grand épuisement physique et moral qui peut conduire à demander l'euthanasie."

Entre 50 et 60 patients ont été euthanasiés tant en 2013 qu'en 2014. "Cela représente 2 à 3% des 1.924 personnes qui ont été euthanasiées l'année dernière.

En général, ce ne sont pas des personnes très âgées. Mais elles ne se sentent pas bien dans ce monde", indique le professeur.

L'ULteam, un projet des universités VUB (Bruxelles) - UGent (Gand) basé à Wemmel, et qui se charge de conseiller des personnes en fin de vie, confirme avoir reçu des demandes de ce type.

"Depuis que nous existons, nous avons reçu 400 demandes d'euthanasie", signale Wim Distelmans, partie prenante au projet.

"Mais seulement une fraction de ces personnes y accèdent."


Selon Wim Distelmans, il existe également la question des patients étrangers. "De plus en plus de personnes savent que l'euthanasie est autorisée en Belgique. Pour moi, le tourisme de l'euthanasie ne doit pas exister", estime le professeur.