Mgr Léonard qualifie de "drame" les 25 ans de la dépénalisation de l'avortement

"Il est un drame qu'il nous faut évoquer aujourd'hui. Avant-hier, c'était le 25ème anniversaire de la loi belge sur l'avortement", a indiqué Mgr André-Joseph Léonard, primat de Belgique, dans son homélie de Pâques prononcée dimanche matin en la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles.

"Il est difficile d'évaluer le nombre d'enfants avortés en Belgique depuis 1990: en tout cas, plus de 300.000", a estimé Mgr Léonard.

"Par principe, il s'agit toujours de victimes qui ne peuvent pas se défendre. Le petit enfant dans le sein maternel peut bien tenter, pendant un certain temps, de se réfugier contre la paroi de la matrice, afin d'échapper à l'agression. Mais en vain. Il ne sera bientôt plus qu'un déchet biologique", a lancé le primat de Belgique, qualifiant au passage le refus de signer cette loi par le Roi Baudouin d'"acte prophétique".

"N'oublions jamais que nous avons tous été ce minuscule embryon, ce foetus dans le sein maternel. Et nous ne sommes ici que parce que nous avons été respectés dans ce stade vulnérable de notre vie", a ajouté Mgr Léonard, précisant sa "volonté de défendre à la fois la vie précieuse de l'enfant à naître et la dignité de chaque femme."

L'archevêque de Malines-Bruxelles a également affirmé son "engagement à soutenir les organisations qui aident les femmes à garder leur enfant, y compris dans des situations très difficiles."

A l'instar du pape François, Mgr Léonard s'est également inquiété du sort des chrétiens d'orient "persécutés et martyrisés, à cause de leur foi dans le Christ."

"C'est un combat d'arrière-garde"

Interviewée par la RTBF, la député PS Karine Lalieux estime que "remettre en cause l'avortement, c'est remettre en cause un acquis essentiel pour les femmes, remettre en cause un droit essentiel que les femmes ont gagné, notamment de pouvoir disposer de leur corps. C'est un combat d'arrière-garde. Mais évidemment, il sait ce qu'il dit, il sait ce qu'il fait, et en même temps, c'est remettre la femme dans la condition du début du 20ème siècle".

Karine Lalieux n'est pas surprise de voir Mgr Léonard faire ce genre de déclarations : "Il a combattu tous les acquis éthiques, notamment l'avortement, mais aussi l'euthanasie. Il remet en cause systématiquement le choix de vivre, de disposer de son corps, le choix de chaque individu".