L’armée belge aura une 5e composante: la cybersécurité

Cette 5e composante de la Défense concerne la cybersécurité. L’info a été confirmée de bonne source à la VRT. Le dispositif de cybersécurité est ambitieux, il associe gestion, protection, détection et réponse. L’armée devra aussi pouvoir effectuer elle-même des attaques informatiques.
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Notre sécurité est plus que jamais dépendante du trafic de données, le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) veut donc que notre pays investisse dans un dispositif de cybersécurité ambitieux. "Actuellement on est en phase d’élaboration mais dès 2019 on devrait pouvoir parler d’une véritable composante cyber à côté de la composante terre, air et mer".

Cette nouvelle composante devra pouvoir, non seulement détecter des attaques mais aussi donner une réponse à ces intrusions. Il s’agit donc à la fois de mieux protéger nos réseaux informatiques mais aussi de permettre à notre pays d’effectuer des contre-attaques. Une manière de décourager d’autres pays ou organisations de mener des attaques contre nous. La menace d’une cyber-attaque est donc la meilleure défense.

Défensif mais aussi offensif

Le plan du ministre Vandeput ( photo) va donc plus loin qu’une simple protection. La 5e composante de l’armée aura aussi un capacité offensive.

Les renseignements militaires devront jouer un rôle plus important. Le ministre a l’intention d’acheter toutes sortes d’appareils sans pilotes comme des drones utilisés entre autre pour l’espionnage et la surveillance. Il s’agit à la fois d’avions sans pilote et de drones miniatures que l’on peut lancer à la main.

Trois sortes de menaces

La composante cyber de l’armée sera donc engagée pour assurer la sécurité des données et les flux commerciaux, mais le ministre pense encore à d’autres menaces qui doivent attirer notre attention.

Pour commencer, il y a les frontières orientales de l’Europe, celles avec la Russie. Selon le ministre nous devons nous engager dans la défense collective via l’OTAN. Steven Vandeput estime que les successeurs des F-16 joueront un rôle crucial.

Mais la guerre sévit aussi aux frontières méridionales de l’Europe. Il y a les vagues d’immigrés et les Etats qui se désagrègent comme la Libye. La Défense veut aussi pouvoir y jouer un rôle avec une armée de terre flexible en mettant l’accent sur des forces spéciales.

Est-ce réaliste ?

Le développement d’une cinquième composante au sein de l’armée constitue un projet ambitieux et une rupture avec le passé. Mais cette ambition est précisément le point faible de ce plan.

Aujourd’hui chaque fois qu’on donne 100 euros au budget fédéral, 70 cents vont à la Défense. Le ministre voudrait augmenter cette participation à 1,30 euros et ce pour atteindre la moyenne européenne.

En d'autres termes, alors que le gouvernement fédéral économise aujourd’hui, ce plan risque bien de transférer des dettes au gouvernement suivant.

A noter que comparativement à d’autres investissements de l’armée comme l’achat de nouvelles frégates ou de nouveaux chasseurs bombardiers, la cybersécurité est relativement peu coûteuse.

Du reste, l’armée avait déjà un tel projet dans le passé mais jusqu’à présent il était resté lettre morte.