"Une enquête indépendante sur la fosse commune de Maluku"

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) "demande qu'une enquête indépendante et crédible puisse immédiatement être diligentée pour faire toute la lumière" sur la fosse commune découverte à Maluku, à 80 km de Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo.

Une fosse commune contenant plus de 420 cadavres récemment enterrés a été mise au jour à Maluku, à 80 km au nord de Kinshasa.

"Cette découverte pose de très nombreuses questions auxquelles la population congolaise et la communauté internationale sont en droit d'attendre des réponses", dit le vice-Premier ministre.

Il réclame une enquête indépendante et souligne l'importance de "sanctuariser le site pour éviter la disparition de preuves et d'indices permettant de dire qui sont les personnes qui ont été enterrées et dans quelles circonstances elles l'ont été".

Mardi, le ministre de la Coopération au développement Alexander De Croo (Open VLD) a accepté de libérer 1,5 million d'euros en faveur du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme (BCNUDH), annonce également Didier Reynders.

"Le gouvernement belge estime que le BCNUDH pourrait assister les autorités congolaises dans l'enquête, entre autres par l'interrogation de témoins."

Plusieurs députés d'opposition et défenseurs des droits de l'homme ont déjà réclamé du gouvernement congolais qu'il fasse toute la lumière sur la fosse commune.

Les autorités congolaises ont confirmé avoir enterré 424 personnes de nuit le 19 mars dernier près d'un cimetière, dans la commune urbano-rurale de Maluku. Elles assurent qu'il s'agit d'indigents et de bébés mort-nés, et non de victimes des violentes manifestations survenues à Kinshasa en janvier dernier, comme s'en inquiètent certaines organisations de la société civile.

L'ONG internationale Human Rights Watch réclame également une enquête indépendante et crédible. Elle soutient qu’il est nécessaire d’établir si des dizaines de manifestants tués en janvier dernier lors de manifestations (photo) contre le gouvernement n’en font pas partie.