La rencontre entre Reynders et Lavrov dominée par l’Ukraine

A Moscou, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov (photo, à dr.) a promis ce jeudi au ministre belge des Affaires Etrangères, Didier Reynders (photo, à g.), de soutenir le plan d’action contre l’extrémisme et le radicalisme qui sera présenté à la session ministérielle du Conseil de l’Europe, en mai prochain. Mais Lavrov a aussi critiqué les sanctions européennes infligées à la Russie dans le cadre de la crise en Ukraine.

"Il est nécessaire qu'il y ait encore des endroits où nous pouvons mener un dialogue et élaborer une vision partagée à moyen terme", a souligné le ministre Didier Reynders (MR) à Moscou, s'exprimant en tant que président temporaire du Comité des ministres du Conseil de l'Europe. Au sein de cette organisation de 47 États, les contacts diplomatiques avec la Russie ont été peu affectés par l'annexion de la Crimée et les combats dans l'est de l'Ukraine.

Ce dernier conflit a néanmoins une nouvelle fois été évoqué lors de la rencontre entre Sergueï Lavrov et Didier Reynders, ce jeudi. Lors d'un précédent entretien, les deux ministres avaient conclu que la mise en œuvre des accords de Minsk était la "seule voie vers une solution durable". Le ministre russe des Affaires étrangères estime cependant que la clé du conflit se trouve du côté de Kiev, qui refuserait selon lui de respecter les accords.

L'Europe devrait donc principalement mettre la pression sur le gouvernement ukrainien, a estimé Sergueï Lavrov, jugeant les sanctions européennes à l'égard de la Fédération de Russie "absurdes".

Didier Reynders renvoie pour sa part à l'annexion de la Crimée, qu'il considère comme une "violation de l'intégrité du territoire ukrainien compliquant fortement l'obtention d'un consensus". Il a par ailleurs fait part à son homologue russe de son inquiétude concernant la situation des droits de l'homme dans les régions occupées par les rebelles pro-russe en Ukraine, ainsi qu'en Russie elle-même.

Lors de l'entretien le ministre Reynders, qui veut clôturer la présidence belge au Conseil de l'Europe le 19 mai par une déclaration politique et un plan d'action contre l'extrémisme et le radicalisme, a reçu le soutien de la Russie à ce propos. Lavrov a promis d’y apporter ses propres propositions.