Les vers plats peuvent détecter des substances cancérigènes

An-Sofie Stevens, une doctorante de l’Université de Hasselt, a développé un moyen rapide et bon marché pour détecter les substances cancérigènes à l’aide des cellules souches de vers plats "qui se divisent après exposition". Ces organismes invertébrés sont le plus souvent aquatiques. Le test permettrait de "réduire drastiquement l’utilisation d’animaux de laboratoire", indiquent la jeune chercheuse et son promoteur, le professeur Karen Smeets.

Pour détecter les substances cancérigènes, on recourt actuellement à des tests sur des rongeurs. "Ces tests ne sont pas seulement chers et fastidieux, mais l'utilisation d'animaux de laboratoire est aussi critiquée au niveau international pour des raisons éthiques", souligne An-Sofie Stevens de l’Université de Hasselt.

Tant en Europe qu'aux Etats-Unis, les chercheurs tentent donc de mettre au point des tests alternatifs, notamment avec des cellules en culture. "Mais ces tests in vitro ne parviennent généralement pas à détecter les substances qui provoquent indirectement le cancer", rapporte la doctorante. "D'où l'idée de chercher une solution totalement différente."

Avec des équipes des universités de Hasselt et Gand, elle a développé un test basé sur l'utilisation de vers plats. "Les vers plats sont des organismes uniques pour la recherche contre le cancer car ils disposent d'un grand nombre de cellules souches expérimentalement accessibles", explique-t-elle. "Les substances cancérigènes influencent la manière dont les cellules souches se divisent, soit un changement qui indique rapidement et simplement si la matière concernée est directement ou indirectement cancérigène."

"Cette application permet de réduire fortement l'utilisation d'animaux de laboratoire", poursuit la biologiste Karen Smeets. "De plus, le test mis au point est plus rapide et bien moins onéreux que les tests de toxicité existants."

Les chercheurs vont à présent vérifier si le recours aux vers plats permet également de déceler des substances cancérigènes difficilement détectables par les autres tests de toxicité.

Georg Bauer