La côte belge menacée par la montée des eaux?

D’ici 2100, le niveau de la Mer du Nord pourrait monter d’un mètre à cause du changement climatique. Ce qui met en péril la partie occidentale du littoral belge. L’équipe de l’architecte du gouvernement flamand et divers experts des Travaux publics et des Services maritimes flamands ont réalisé une étude scientifique et envisagent quatre scénarios, avec certains choix drastiques, pour protéger l’environnement et l’autre moitié du littoral belge.

En collaboration avec les départements Aménagement du territoire et Travaux publics et la section des Services maritimes flamands, l’équipe de l’architecte du gouvernement flamand a élaboré quatre scénarios permettant de protéger l’environnement à la suite de la montée du niveau de la mer d’ici 2100, indiquent les quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad.

Dans leur étude, intitulée "Paysage côtier métropolitain 2100", les experts tentent de "maximaliser les qualités des zones actuelles" et réfléchissent à l’avenir et la viabilité à long terme de la côte belge. L’un des scénarios envisagés - et baptisé "Bipôle" - consisterait à sacrifier la partie occidentale de la côte et à y donner libre cours à la nature, afin de pouvoir sauver l’autre partie du littoral. Concrètement, les autorités n’investiraient plus dans le développement urbain, les digues et la productivité de la partie occidentale du littoral, qui redeviendrait progressivement nature sauvage.

La possibilité d'inonder des terres derrière les communes balnéaires de La Panne, Coxyde, Furnes, Nieuport et Middelkerke est donc l'un des quatre scénarios de l'étude "Metropolitaan Kustlandschap 2100" menée par les autorités flamandes. Joachim Declerck, architecte et l'un des auteurs de l'étude, souligne cependant que l'inondation de villes à l'ouest d'Ostende est le scénario le plus extrême.

Dans l’éventualité de cette scission de la côté belge (grande photo ci-dessous), la région autour d’Ostende, Zeebrugge, Knokke et Bruges serait alors renforcée contre la montée du niveau de la mer, pour former une sorte de noyau urbain. Ce renforcement comprendrait une extension du port ostendais, un rehaussement des bancs de sable entre Ostende et Zeebrugge et l’aménagement de nouveaux ilots devant la côté de Knokke-Heist.

Bipôle, Zone, Archipel ou Mosaïque ?

"Dans d'autres scénarios", moins drastiques que le Bipôle, "les villes de Furnes, Nieuport et La Panne sont épargnées et des digues et murs renforcent leur résistance à la montée des eaux", précise Joachim Declerck.

Le scénario de Zone conserverait et renforcerait une étroite bande de terre ou sable tout le long de l’actuelle côte belge, alors que l’eau qui avance serait envoyée vers des polders (photo) dans l’arrière-pays. Ceci implique l’aménagement d’un nouveau système de mobilité rapide.

Le scénario d’Archipel prévoit de conserver des zones d’habitation de qualité, alors que les polders pratiquement vierges accueilleraient le trop-plein d’eau.

Quant au scénario de Mosaïque, il prévoit d’urbaniser encore davantage la ligne côtière et de rendre les polders adaptés à des activités agricoles, grâce à une gestion artificielle de l’eau. Ceci impliquerait des infrastructures linéaires solides, comme des routes et des canaux, du côté des terres.

Rôle important pour la vallée de l’Yser

L’étude prend en compte bien davantage que la seule ligne côtière, pour développer une vision d’ensemble pour cette région de Flandre occidentale, sur des thèmes comme la mobilité, le vieillissement de la population, les résidences secondaires à la côte, l’agriculture et l’infrastructure portuaire.

"Nous devons préparer la nature pour accueillir l’eau qui monte, et nous devrons adapter l’agriculture", explique Joachim Declerck. "Nous ne pouvons pas simplement continuer à construire le long de la côte".

Le rôle de la vallée de l’Yser (photo) sera crucial dans ce développement futur. "Elle devra en effet absorber toujours davantage d’eau, tout en ayant un moyen de stocker de l’eau pour d’éventuelles longues périodes de sécheresse", précise encore l’architecte flamand.