Maggie De Block craint l’arrivée du moustique-tigre

La ministre fédérale de la Santé publique, Maggie De Block (Open VLD), et certains experts craignent que le moustique-tigre (photo), originaire d’Asie et vecteur de la dengue et la fièvre jaune, ne finisse par s’établir en Belgique, via les chargements arrivant aux ports et aéroports. L’Institut de médecine tropicale d’Anvers (IMT) surveille l’évolution, indiquent les quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad. Depuis la mise en place du plan de surveillance, 4 moustiques et 39 larves ont été retrouvés en Belgique.

L'insecte, qui peut transmettre des maladies telles que la dengue, le chikungunya et la fièvre jaune, est apparu il y a quelques années dans nos régions. Depuis 2013, on le retrouve régulièrement dans les chargements qui entrent en Belgique via les ports ou les aéroports, avertit l'Institut de médecine tropicale d'Anvers (IMT).

Quatre moustiques-tigres et 39 larves ont ainsi été retrouvés en 2013 et 2014, depuis la mise en place d'un plan de surveillance de l'insecte asiatique, précisait ce lundi Isra Deblauwe, biologiste à l'IMT. Ils ont été découverts dans des établissements traitant des pneus usés ou le bambou, dans le port d'Anvers et ses alentours et en Flandre occidentale. 

Les experts craignent que ce moustique ne finisse par s'établir en Belgique. S'il sera probablement difficile d'y échapper, un bon suivi pourra néanmoins retarder son installation, estimait la ministre fédérale de la Santé publique Maggie De Block (photo) dans une réponse à une question parlementaire.

L'Institut de médecine tropicale d'Anvers (photo) surveille la progression de l'insecte. "Pour l'instant, nous avons l'impression que les moustiques-tigres ne survivent pas aux températures hivernales belges. Mais ils sont déjà présents ailleurs en Europe. Raison pour laquelle nous nous inquiétons", expliquait Maxime Madder, de l'Institut de médecine tropicale.

Le réchauffement climatique est propice à la prolifération de ce type de moustique en Europe. Le plan de surveillance, financé par l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, reprend la semaine prochaine et jusqu'à mi-novembre. 

Deux personnes de l'IMT surveillent surtout 12 points d'entrée: ports, aéroports, compagnies traitant les pneus usés ou du bambou. Concrètement, des pièges à moustiques sont installés dans les zones à risque, où il y a de l'eau stagnante. Les insectes sont attirés par du gaz propane et capturés à l'aide d'un filet.

Ils sont ensuite identifiés au laboratoire de l'Institut anversois qui en avertit les autorités environnementales. Enfin, les sols sont directement traités. Les larves, plus résistantes, sont également supprimées.

Le moustique tigre se reconnaît par sa couleur noir et blanc contrasté, ses pattes et pièces buccales rayés en noir et blanc, la bande blanche sur son dos et sa très petite taille. L'IMT ne sait actuellement pas si l'espèce présente en Belgique provient de celles établies dans le sud de l'Europe ou d'Amérique du Nord, ou d'Asie, d'où il est originaire initialement.